‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 125 sur 180 · Tabari, Annales, III. p. 510; sous Al Mahdi · texte numérisé non relu

Tabari, Annales, III. p. 510; sous Al Mahdi

2. On sait que les califes abbassides, si pieux observateurs du Coran, n'interprètent point comme une interdiction les versets sur le vin et en boivent un peu trop. Si El Mahdi ne boit pas de nabid, ce n'est pas par scrupule religieux, mais parce qu'il ne l'aime point (Tabari, Ann., III, 514, 1). L'un des grands luxes des califes, c'est de boire frais en été : le berid apporte à Bagdad de la neige, de la glace. El Madhi est le premier qui s'en fait porter jusqu'à Médine en 160 (Tabari, III, 484, 1).

de toutes provenances; verreries aux dessins d'or, coffrets d'ivoire, cuivres.

Au palais, la grande merveille, c'est, dans une salle, plus tard dans un jardin, l'arbre aux feuilles d'or et d'argent dont les branches sont chargées d'oiseaux articulés qui chantent en battant des ailes. Tous les souverains du moyen âge ont aimé, comme les empereurs byzantins, les machines à eau qui font mouvoir des automates.

Mais ce sont aussi de vraies bêtes que le calife garde en sa ménagerie, par amusement sans doute, mais aussi pour manifester la puissance du maître sur la nature entière. Dans le palais d'El Mançour à Bagdad, il y a cent lions et toutes sortes d'autres animaux1.

La fantaisie la plus désordonnée règne dans les dépenses du palais. Le souverain, ses femmes et ses courtisans dépensent au hasard, en un magnifique pillage des revenus de l'empire. En outre, le calife et les grands ont la générosité fastueuse que les traditions de l'ancienne Arabie imposent à ceux qui prétendent commander. Les écrits des auteurs arabes rapportent avec admiration les cadeaux absurdes que les grands font à un poète, à un courtisan de langue habile, à un passant. El Motawakkil fait verser des dirhems sur la ttte d'un poète qu'il veut récompenser d'une louange et, ajoute l'historien, on lui fit même la grâce de les lui ramasser2. Aux noces d'El Mançour et de Bourane, le geste propitiatoire qui verse des grains de blé ou de riz sur le front de la fiancée y répandit une pluie de perles.

1. Sur les ménageries royales, voir Maqrizi, Khitat, éd. Gaston Wiet, V, p. 161 à 165, et les notes, à propos de la ménagerie de Khumaraweih.

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