Tabari, III
Hist. du Monde 25
une mode de la chevelure. El Motawakkil est châtié par son père pour avoir porté de longs cheveux sur la nuque, selon la mode des gens infâmes1.
Al Mançour pour une grande réception à la cour demande que les assistants se teignent la barbe en noir, à la rhaliya2. La mode des vêtements ornés d'inscriptions brodées apparaît dès le début de la dynastie : héritage byzantin, sans doute. Il y a un maître de la broderie officielle, un çâhib al tirâz en 187 (803), à la cour3.
On ne peut que supposer, d'après des indications littéraires, que le luxe des armes et du harnachement des montures annonçait déjà celui que l'on constate au xie siècle. On travaillait le cuir avec art.
Les femmes de la cour n'apparaissent point en public : elles donnent ainsi définitivement le bon ton à la ville; les femmes du commun seules ne sont point enveloppées et voilées. C'est un cas, tout exceptionnel et raconté, que celui de la fille chérie d'Al Mahdi, qui l'accompagne à cheval, vêtue en page4. Mais si la foule ne voit point les femmes de la cour, elle entend beaucoup parler d'elles. Elles ne se contentent point d'être les artistes habiles des divertissements voluptueux que le calife sait si bien organiser autour de lui. Elles sont aussi épouses, mères et politiques. L'épouse du calife, qui est d'ordinaire monogame, est en général une princesse abbasside; mais les concubines sont des étrangères de toutes races, persanes, grecques, arméniennes, caucasiques, berbères, négresses aussi. Les princes royaux, le calife lui-même,