‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 130 sur 180 · Mez, Renaissance, p · texte numérisé non relu

Mez, Renaissance, p

Le visir

Dans l'exercice du pouvoir, le calife disparaît souvent derrière le visir.

Le visir n'est point vraiment un fonctionnaire de l'Empire, ayant une fonction précise : c'est le remplaçant du prince, qui ne peut tout faire ni être partout; c'est l'homme qui agit, quand le calife néglige ses devoirs de souverain pour ses plaisirs; c'est, si l'on accepte une étymologie arabe douteuse, celui qui porte le « fardeau » du pouvoir; c'est le bras, et souvent la volonté, du calife. Des vizirs ont été tout puissants dans l'empire; mais on admire la force de résistance physique et morale des hommes qui ont exercé longtemps pareille charge; le poids d'un gouvernement immense et varié n'est rien auprès des constantes intrigues contre lesquelles il lui faut défendre son rang et son existence même; et il doit encore amuser le maître.

Ce n'est point seulement auprès des souverains faibles que le vizir est toutpuissant; sous El Mamoun, qui est un calife agissant et personnel, El Fadhl ben Sahl a une réputation d'autorité qui incite les historiens à découvrir sa volonté dans les actes du maître. En 817, nous dit l'un d'eux1, les intimes du calife, avant d'oser lui dire la vérité qu'il réclame, lui demandent d'être garantis contre la colère du vizir. Et quand El Mamoun se décidera à se débarrasser de son trop puissant serviteur, il n'osera point le chasser : il le fera assassiner par des affranchis, dont il ordonnera ensuite la mort2.

Page 1