‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 131 sur 180 · Tabari, Ann., III · texte numérisé non relu

Tabari, Ann., III

Le vizir, émanation du maître tout-puissant, est « l'homme aux deux pouvoirs », zû r riyâsaiéin, fonctions d'épée et de plume; il habite un palais princier et reçoit un traitement mensuel important, qui s'accroît singulièrement des dons du calife, des dotations foncières, des cadeaux de tous. Il y a eu des dynasties de vizirs, comme des dynasties de cadis. Les Barmékides ne sont point les seuls vizirs tout-puissants du califat abbasside; au début du xe siècle encore, Ibn Abbad et Ibn al Furât sont de très grands personnages. Cependant, au Xe siècle, l'importance du vizir,on l'a dit déjà1,futbien modifiée par la présence de Y amiral oumara; bien qu'homme de sabre, celui-ci prit la direction de la chancellerie impériale, donc les attributions essentielles du visir2. On voit encore cependant des vizirs jouer un rôle au Xe et au xie siècle, sans qu'on aperçoive nettement s'il s'agit du vizir de l'émir ou de celui du calife. C'est en tout cas une fonction qui exige des facultés d'intrigue et, plus que jamais, impose une fin dramatique.

Le visir a sa clientèle de fonctionnaires. Il y a donc, à chaque changement de visir, un renouvellement du personnel et des gens sans place, sans métier, mécontents3.

Quelques grands personnages exercent les fonctions qui conservent le mouvement aux rouages essentiels de l'empire. Le calife El Mamoun les a énumérés dans une sorte de programme de gouvernement, qu'un historien rapporte et qui est peut-être authentique. Le calife estime que son pouvoir dépend de la

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