Wellhausen, Opp. Part., p
affranchis, des mawâli, dont on leur donna le nom. Ils ne tardèrent point, on l'a dit, à être mal satisfaits de leur condition et à réagir contre le rôle inférieur qu'on leur faisait jouer. Et c'est ainsi que dans les soulèvements, quels qu'ils soient, les mawâli, affranchis ou nouveaux musulmans, tiennent une place considérable. On les trouve dans les révoltes kharijites. On sait que c'est un Persan qui apporta l'abadisme au ixe siècle aux Berbères Zenata de l'Afrique du Nord.
En Orient et en Espagne, les kharijites n'ont formé que de petits groupes, que l'autorité sunnite ou chiite a pourchassés, comme irréconciliables et dangereux par leur opposition tenace.Hors de quelques milieux lettrés où le kharijisme conserve une haute tenue religieuse, il se montre surtout en des soulèvements de misérables ou de bandits, qui, par une pieuse étiquette, se donnent une noble figure devant l'opinion. En somme, le kharijisme n'a point eu de succès auprès des peuples de l'Orient. La foule ne saurait se passionner pour une doctrine qui ne se concrétise point en un individu, en une famille ou en une formule frappante, et dont toute l'originalité réside en sa fidélité à la foi primitive de l'islam, en la rigidité de sa morale individuelle et sociale et en l'intransigeance de sa constitution d'apparence démocratique. Ce n'est qu'à Mascate, à Zanzibar et au Maghreb, que le kharijisme a conquis des groupes sociaux tout entiers et pris allure de religion nationale, en des communautés sofrite et ibadite (ou abadite) que l'on retrouvera1.
Cependant, si le kharijisme n'a pris qu'une place restreinte dans les mouvements religieux de l'Orient,