‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 156 sur 180 · Tabari, Ann., III, 990 et s · texte numérisé non relu

Tabari, Ann., III, 990 et s

senter, paraissaient avoir disparu. On sait que les « Khorassaniens » étaient accourus à Badgad, à la suite des premiers Abbassides, et qu'ils n'avaient point été remplacés dans les provines iraniennes. Dès le règne d'El Mamoun, leur persisme est affirmé par la formation d'une dynastie locale, vassale des Abbassides, celle des Tahirides.

La réaction religieuse fut générale sous le califat de Motawakkil. Ce ne fut point seulement le motazilisme, qui de doctrine d'Etat devint hérésie, et dont les adeptes se changèrent de persécuteurs en victimes. Le parti triomphant des /uga/ïd orthodoxes sévit contre les juifs, contre les chrétiens, contre les chiites. En 850, le tombeau d'Hossein fut détruit : on laboura, on sema sur sa place, et on le recouvrit d'une rigole d'irrigation1. Il fut interdit d'en approcher et la foule docile s'en écarta avec effroi2. Les vainqueurs ne comprenaient point que la niaiserie de leur fanatisme préparait et légitimait les soulèvements futurs.

Quelques années plus tard, en 862, un petit Etat chiite zéidite se constituait au Tabaristan et résistait jusqu'en 928 aux émirs turcs de la cour abbasside. Descendants, comme Ali er Rizha, du cinquième imâm chiite Zeid, petit-fils d'Hossein, les imâms zéidites représentent le chiisme le plus modéré, celui qui s'écarte le moins du sunnisme. L'imâma zéidite du Yémen continue de jouer un rôle dans la vie politique de l'Arabie actuelle.

La persécution que les califes abbassides exercèrent contre les Alides à la fin du ixe siècle parut avoir

1. C'est ainsi qu'en 740 on avait enterré Zeid ben Ali. Voir cidessus, p. 291 et Wellhausen, Opp. Part., p. 97. C'est un cliché de folklore; voir mes Cent et une Nuits, p. 65.

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