Dieu domestique, Pénate
FORMATION DE i/ÉTAT DE KIEV 509
forêts (léchii), dans les eaux (vodianoï). Toute la nature lui semblait animée et spiritualisée. Il entrait en communion avec elle, voulait prendre part aux changements qui s'y opéraient et les accompagnait de divers rites. Ainsi s'est formé le cycle des fêtes païennes, étroitement lié à l'adoration de la nature et au culte des aïeux.
Observant la succession régulière de l'hiver à l'été et de l'été à l'hiver, l'éloignement du soleil et de sa chaleur en automne et leur retour au printemps, les Slaves marquaient le Solstice d'hiver par une fête spéciale appelée koliada (du latin calendae; un autre nom de cette fête — ovsen). Cette fête était suivie d'autres, toujours en l'honneur du soleil : la reconduite de l'hiver, la rencontre du printemps (krasnaïa gorka), la reconduite « de la forêt1 » ( fête de koupalo). Il y avait également des fêtes en souvenir des morts, portant le nom collectif de irizna. Il y avait une irizna au printemps, radounilsa\ et une fête estivale, roussalia du même caractère commémoratif. Les rites accompagnant ces fêtes païennes ont survécu au paganisme même. Ils se sont maintenus dans le peuple jusqu'à nos jours et ont été adaptés aux fêtes du calendrier chrétien : la koliade, à la veille de Noël, la reconduite de l'hiver, au carnaval, krasnaïa gorka et radounilsa, à la semaine de Pâques et à celle qui la suit, koupala et roussalii, à la Saint Jean.
§ 9. Le christianisme en Russie avant la conversion du prince Vladimir. — Gomme les croyances païennes des Russes anciens n'étaient que faiblement