Grimme, 1, 14; voir p. 90 ci-dessus
précédemment1 que les régimes matrimoniaux de l'ancienne Arabie paraissent avoir été très divers. Le plus fréquent était, au Hidjâz, la monogamie avec la prépondérance très nette du mari. Les Arabes pratiquent aussi un mariage temporaire (muta') que la doctrine musulmane orthodoxe a aboli, mais dont l'usage persiste parmi les Chiites, et était même pratiqué par les pèlerins de la cité sainte.
Le Coran (IV.3) semble admettre la polygamie absolue; il prescrit au fidèle, « qui craint de ne point rendre aux orphelins leur dû », de se contenter de quatre femmes, ou d'une seule, ou même, si sa fortune ne le lui permet point, de s'en tenir à des concubines esclaves. De là, la doctrine a conclu que le musulman ne pouvait épouser plus de quatre femme à la fois. Le Prophète seul a pu dépasser cette limite, soit qu'il ait cédé à des mouvements de passion, soit que la raison d'Etat lui ait fait contracter des alliances utiles à son prestige ou aux intérêts de la communauté musulmane.
Le régime matrimonial musulman, qui assure à la femme des garanties pécuniaires, d'ailleurs théoriques, a pratiquement diminué la condition sociale de la femme arabe. C'est la doctrine moderne, qui sous l'influence européenne recueille dans l'arsenal du droit musulman et développe les principes coraniques favorables à la condition de la femme. Les mœurs nouvelles sont en lutte avec la loi coranique pour diminuer la force de la tutelle que la famille de la femme exerce sur elle avant et pour son mariage. L'association conjugale est fragile; le mari peut, de sa propre volonté, répudier sa femme, même après