‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 23 sur 180 · Comp. Ferdinand Lot, op. cit., p · texte numérisé non relu

Comp. Ferdinand Lot, op. cit., p

que le Coran lui donne sur la zakâ, et par extension sur les taxes des indigènes. On verra comment les circonstances modifient très vite cette organisation, dès l'époque des Omeyyades.

Il y a, en somme, deux sociétés superposées sous la domination unique du calife, lieutenant du Prophète : les Arabes conquérants, et les indigènes tributaires. Le calife confie l'étendard à des généraux et gouverneurs qui commandent à des groupes de guerriers arabes et musulmans, restés en général sous la direction de leurs chefs naturels. Ils ont la responsabilité de l'ordre dans la région où domine leur armée; ils y dirigent la prière au nom du calife et assurent la sécurité des collecteurs d'impôts, agents du diwân. Ils ne s'occupent que des Arabes, suivant la politique traditionnelle. Les indigènes ont conservé leurs coutumes, leurs magistrats. Les gouverneurs regardent de très haut ces gens qui travaillent pour la communauté musulmane et auxquels on demande seulement de payer et d'être humbles. Il ne s'éveille d'ailleurs aucune velléité de révolte. Les peuples sont stupéfaits de la conquête, heureux de survivre, d'en être quitte à si bon marché; la fiscalité arabe qui n'innove rien et s'étonne d'abord de tant de richesses, paraît légère après celle des agents byzantins, et après le désordre des derniers rois sassanides. La lassitude des querelles religieuses chez les uns, l'indifférence chez les autres, fait accepter sans surprise le mépris des vainqueurs envers leurs sujets, étrangers à la communauté élue. Tous ont été trop bien habitués, dans l'empire romain1 et dans le royaume iranien, à veiller eux-mêmes, par des corporations

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