‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 26 sur 180 · Wellhausen. Opp. Parteien p · texte numérisé non relu

Wellhausen. Opp. Parteien p

Envers les vaincus, le calife continue la politique de protectorat; mais, c'est là cependant que son attitude est peut-être plus nouvelle. On a dit précédemment que Omar ne s'était préoccupé que de la soumission des vaincus, mais non de leur existence sociale. La Syrie, 1 Egypte, l'Iraq ne se convertissent pas à l'islam : les vainqueurs semblent ne rechercher en rien cette conversion. L'obéissance des sujets leur vaut la protection du souverain musulman : l'« homme du livre » soumis est protégé et garanti (dimmi). En échange, il paie une taxe annuelle sur ses biens, dont il n'a que la jouissance précaire, tolérée par le calife, chef de la communauté musulmane. Sans tenir compte des distinctions établies par les juristes musulmans, on voit que les dimmi sont dans la main du calife. En principe, ils ont conservé toute leur organisation religieuse et sociale, leurs églises et leurs tribunaux, leurs rites religieux et leurs règles de vie familiale et économique; mais tous ces avantages peuvent pratiquement leur être ravis par le tout-puissant souverain. Ils sont des hommes de seconde classe, et dès le début, même en considérant comme apocryphe le règlement d'Omar, on voit que le vainqueur leur fait constamment sentir leur infériorité.

Ce seront cependant ces dimmi qui par leur seule présence, puis par leur conversion, exerceront une influence capitale sur la civilisation musulmane. Le souverain oméyyade est d esprit assez: clair pour comprendre qu ils sont pour beaucoup dans la vie de son empire et qu ils ont des choses à apprendre à leurs vainqueurs. Jean Damascène joue un rôle à la cour de \ ézid. Le calife donne de fréquentes audiences aux chefs des clergés juifs et chrétiens et continue la tradition de l'empereur bysantin, juge suprême de

tous les différends, même religieux. Sans doute ce n'est point sans quelque ironie que Moawia prononce de telles décisions ; il est l'ancêtre lointain du gendarme turc qui empêchait naguère les sectateurs divers du christianisme de se battre dans l'église du Saint- Sépulcre. Cependant le calife entrait ainsi dans l'intimité de ses sujets indigènes, et non sans profit personnel. C'est bien un fait nouveau, cet intérêt du calife pour les affaires des vaincus, un commencement d'unification de l'empire; et les historiens musulmans ne se trompent guère en y voyant l'exercice d'une autorité royale, et non d'un pouvoir califien.

Les Califes Omeyyades.

Il suffit de résumer ici les faits principaux de l'histoire oméyyade1.

Après la mort d'Ali, Moawia est, sans conteste, le maître, et il le reste jusqu'à sa mort, en 680. La Syrie, qu'il a gouvernée depuis l'année 63S2 est son fief qu'il administre directement : il a autour de lui une armée fidèle qu'accroît sans cesse l'apport régulier de l'Arabie. Il a maintenu à Damas, ancienne capitale bysantine, l'organisation financière de l'Empire. En Egypte, il a d'abord laissé une quasi- indépendance à Amr ibn el'Aç; puis la fertile province du Nil est devenue la dépendance et la richesse de la Syrie. Ce sont les

1. Ils ont été exposés par Weil. Geschichte der Califen, par Aug Millier (der Islam im Morgen und Abendland), puis par Huart (Histoire des Arabes). Wellhausen (das arabische Reich und sein Slurz) est Lammens en ont renouvelé et vivifié la signification et Halphen (les Barbares) a fort bien condensé les idées essentielles.

2. C'est en 17 hég., après la mort d'Abou Obaïda, qu'Omar nomma Moawia « émir sur le jound de Damas et son kharâj ». Tabari Ann. I.

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deux régions essentielles de 1 Etat oméyyade, nettement tourné vers la Méditerranée : les auteurs musulmans ont marqué la nouveauté d'une puissance maritime arabe, de la flotte oméyyade : Moawia a su utiliser les aptitudes des marins syriens, autre indice de collaboration. Il les tourne vers le maître d'hier, l'empereur byzantin : la conquête de Gonstantinople est un des buts de sa politique.

Mais la conquête musulmane s'est, dès les premiers pas, tournée vers les riches provinces arrosées par les deux fleuves, Euphrate et Tigre, et elle s'est avancée très vite à travers le plateau iranien. Le gouverneur de la Syrie, devenu maître de l'Empire, ne peut se désintéresser de cette seconde face de son domaine, celle qui est tournée vers l'Orient. Il n'est pas long à apprendre que les terres du Tigre et de l'Euphrate valent en fertilité celles du Nil, bien que les derniers rois sassanides y aient négligé l'entretien des travaux d'irrigation et le drainage. Personnellement, il faut le redire, le calife oméyyade reste bédouin : le séjour de Damas lui pèse; il aspire à aller chasser dans un de ses châteaux des confins du désert; il ne saurait donc penser à aller résider sur ce sol nourri de longues générations de sédentaires. Mais il en sent bien l'importance économique : il a pour lui une vieille admiration de marchand mekkois. Et puis, la politique se mêle de lui demander une décision énergique. Baçra et Goufa, qui ont abandonné ou mollement soutenu Ali, abritent maintenant ses descendants et ses partisans. Son fils aîné, Hassan, vit à Médine, entre la mosquée du Prophète et un harem bien fourni ; cependant la méfiance est nécessaire. Le gouverneur de l'Iraq va donc avoir en main la surveillance des Alides, le soin de remettre en valeur un sol riche et négligé, la protection du

commerce tout prêt à reprendre vers l'Inde le chemin du Golfe Persique, la direction de toutes les affaires iraniennes. Moawia confie cette vice-royauté à un personnage très intéressant, Ziyâd, fils naturel d'une Thaqifite d'At Taïf, qui avait connu beaucoup de maris de passage; la seule descendance certaine de Ziyâd l'attachait donc à une tribu alliée aux Coréichites et particulièrement aux Oméyyades. Sa destinée est très représentative de la psychologie de Moawia et de l'ambiance sociale du « royaume arabe » de Damas. Le calife s'efforce d'approcher de lui cet homme supérieur, mais de naissance incertaine, que les Bédouins, si fiers de leur généalogie, ont dédaigneusement baptisé Ziyad ibn abihi, « Ziyâd, fils de son père », et pour lui en donner un qui vaille, il le reconnaît comme le fils d'Abou Çofyân, comme son propre frère1. Dans sa pensée, c'est une étape vers l'héritage du califat, projet auquel il renonce plus tard, soit par crainte de l'opinion publique, soit par tendresse pour son fils Yézid.

On s'est étonné de la maîtrise de certains de ces hommes à s'improviser meneurs de peuple; les romanciers y célébreraient volontiers la géniale chevalerie bédouine. Il convient seulement de se rappeler que ce sont des Goréichites et des Thaqifites, que la conquête n'arrachait point à je ne sais quelle existence romantique du désert, mais qu'elle empruntait à un milieu de sédentaires, et qui quittaient pour elle une active existence de commerçants dans « la république marchande de la Mekke2 ». Ils avaient appris à

1. Après une insolence d'un de ses descendants, le calife abbasside Al Mahdi rendit un décret qui déniait à Ziyâd la paternité d'Abou Çofyân. La crainte de troubles empêcha les gouverneurs d'exécuter l'édit (Tabari Ann. III.478 à 482).

2. C'est une idée sur laquelle Lammens, après Wellhausen, a insisté avec raison dans plusieurs des ouvrages cités.

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regarder au delà des déserts et des oasis de l'Arabie ; ils étaient préparés à une plus large carrière. Il importe aussi de ne point oublier que les premiers conquérants, par sagesse ou par indifférence, laissèrent intactes l'administration bysantine et la sassanide, et qu'à côté et au-dessous des agents du calife, elles subsisteront en quelque mesure aux mains d'une bureaucratie traditionnelle. C'est celle-ci qui, là comme ailleurs, sauva la vie économique des provinces, prépara la jonction entre les anciennes sociétés et la nouvelle, et laissa aux nouveaux maîtres du pays le temps d'apprendre le détail de leur métier de roi.

Moawia fut de bonne heure préoccupé de la transmission du pouvoir après sa mort : on a dit plus haut que l'histoire des quatre premiers califes n'avait point établi de tradition pour la succession de l'autorité sur la communauté musulmane. Mohammed s'en était remis à la volonté divine, et elle s'était manifestée au cours de discussions à la bédouine dont l'issue eût pu être fatale à l'avenir de l'Islam; Abou Bekr avait désigné son successeur; Omar avait nommé une commission. Après l'assassinat d'Othmân, Ali s'était déclaré calife, et « l'opinion publique » avait suivi. A Giffin, Moawia et Ali confièrent la décision à deux arbitres. Il n'y avait donc point de doctrine. Quand les Kharijites, après avoir répudié l'autorité d'Ali, ayant à s'en faire une, revinrent à la notion élective de la tribu bédouine, la communauté musulmane dût exprimer, directement ou par la voix de ses chefs naturels, sa volonté de se donner pour maître un de ses membres, pourvu qu'il eût l'aptitude physique et morale h exercer le pouvoir. En pratique, cela doit aboutir, soit à une anarchie périodique, soit à la domination d'une aristocratie, et Moawia, instruit par l'événement, en sentit tous les dangers.

Ici encore, une attitude nouvelle naquit du contact avec l'étranger. Gomme l'empereur romain désignait son successeur, sans qu'il fût nécessaire qu'il tînt compte de l'hérédité, Moawia instaura la coutume de la reconnaissance de l'héritier présomptif du califat, mais pour que soit sauve la vieille coutume bédouine de l'élection, la communauté musulmane, par une solennelle prestation de serment, reconnut le nouveau souverain, à sa désignation et à son avènement. On a dit que Moawia avait pensé à faire désigner comme héritier présomptif son pseudo demi-frère Ziyâd et qu'il s'était ensuitedécidé pour sonproprefilsYézid. Les historiens arabes ont certainement exagéré l'antipathie que la personne de ce prince a peut-être soulevée parmi les musulmans. Il est plus probable que les chefs bédouins se sont, d'un seul cœur, dressés contre un rite aussi nouveau, et si contraire aux traditions arabes. Il fallut tout le prestige, toute lhabileté de Moawia pour réussir à assembler dans la grande mosquée de Damas des délégués des tribus arabes de l'empire, qui, en ambassade traditionnelle [wafd), prêtèrent serment d'obéissance au futur calife. Ainsi, une tradition commençait, qui confiait à une assemblée qui représentait plus ou moins bien la communauté musulmane, le soin de désigner, ou plutôt de reconnaître et de proclamer l'héritier présomptif du calife. Il s'établit un rituel pour cette cérémonie, comme pour celle de l'intronisation d'ur nouveau calife; les représentants de la communauté musulmane touchent la main du maître et s'engagent à lui être fidèles, par des serments d'autant plus solennels qu'il paraît plus vraisemblable qu'ils seront violés1. La désignation de l'héritier pré-

1. "Walid ben Yézid désigne ses deux fils pour être ses successeurs et ils chargent d'en témoigner deux personnes, dont on publie les noms (Tabari. Ann. 11.1755).

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somptif, souvent heureuse sous les Oméyyades, mais qui a suscité, on le verra, sous les Abbassides, des querelles et des désordres graves, n'a point réussi à assurer, dans un Etat en anarchie perpétuelle, la transmission paisible du pouvoir.

Yézid (680-683) est, pour les historiens abbassides, et surtout pour les alides, le pire des Oméyyades. En fait, ce fils d'un grand souverain fut seulement soucieux de jouir de l'héritage paternel, curieux de vers, de chants et de femmes; exactement ce qu'il ne fallait pas à l'Empire, où l'autorité du maître était à peine établie. Ce fut de l'Iraq que surgit contre elle la première révolte : les éléments alides entraînèrent les habitants de Goufa, hostiles aux Syriens, et proclamèrent calife le deuxième fils d'Ali et de Fatima, le petit-fils du Prophète, Al Hossein, qui tout en acceptant la copieuse pension que lui faisait verser Moawia, n'avait point renoncé, comme son frère Al Hassan, à briguer le pouvoir. Le gouverneur de l'Iraq, "Obaid Allah, fils de Ziyad, n'eut qu'à faire un geste énergique pour que le prétendant, abandonné par ses partisans et entouré seulement d'une petite troupe familiale qu'il entraîna follement à la mort, se fit massacrer par une bande de Bédouins ardents à conquérir une gloire sanglante et facile. Cette opération de mince envergure eut une portée immense : venger le crime de Kerbéla (10 moharram 61-10 octobre 680) fut désormais le cri de ralliement des partisans des Alides. Le récit du massacre amplifié, poétisé, a ému et excité jusqu'à nos jours, les Chiites aux pires excès. Le dix de moharram, des cérémonies sanglantes commémorent à la fois les dates traditionnelles de la naissance du Prophète, de son arrivée à Médine et de sa mort et le meurtre de Kerbéla; elles recouvrent en outre les

rites obscurs de àchoura, et les mystères d'Adonis; elles rappellent ceux-ci, et en même temps les représentations de la Passion dans l'Europe occidentale.

Le second adversaire de Yézid était autrement redoutable que l'héritier inconsistant d'Ali. Abd Allah Ibn az Zobair était le fils de l'un des principaux compagnons du prophète, hostile à Ali et tué à la bataille du Chameau; sous le règne de Moawia, il avait vécu à la Mekke, dans l'ombre pieuse de la Ka'ba, guettant l'occasion de prendre sa revanche de l'échec paternel. Sans prétendre au califat, il déclara répudier l'autorité de Yézid, qui, après un mouvement de colère, fidèle à la méthode de son père, fit une tentative d'arrangement; Ibn az Zobair refusa de s'y prêter. Une armée syrienne prit aisément Médine et vint mettre le siège devant la Mekke : le feu, dit-on, détruisit la maison sainte d'Allah, la Ka'ba. Cependant l'armée, incapable de prendre d'assaut une ville défendue avec quelque énergie, s'empressa de reprendre la route de Syrie, en apprenant la mort de Yézid (683).

Son fils Moawia est une apparence de souverain, qui laisse régner les forces destructives de l'état musulman : c'est le second « désordre », la fitna, prédite, après coup, par les hadiths. Les instincts anarchistes dominent : chaque groupe social reprend son indépendance; il n'y a plus de communauté musulmane. Pourtant des fractions s'unissent, suivant des contingences géographiques ou des traditions de race. Des événements, qui n'étaient point nécessaires, opposèrent deux d'entre eux à Marj-Râhit en une bataille fratricide, le premier combat entre Arabes musulmans où il y ait eu vraiment abondance de sang versé; Arabes du Sud, Qahtân-Kalb, contre Arabes du Nord, Yaqdân-Qaïs-Tamim. La vengeance

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des morts de Marj-Rôhit, dressa pendant bien des années, en deux clans irréconciliables, les Qaisites et les Kelbites, et s'imposa si fortement à la vie politique de l'Islam que les historiens ont tendance à y trouver l'explication de tous les événements.

Dans le désarroi qui suivit cette rencontre, les éléments les moins anarchiques s'unirent (684) autour d'un Oméyyade, petit-fils d'un frère d'Abou Çofian, Marwân Ibn al Hakam, jadis secrétaire du calife Othmân et gouverneur de Médine sous Moawia. Vieux routier de la politique oméyyade, il avait eu à peine le temps de remettre une apparence d'ordre dans l'Empire, quand il fut assassiné par sa femme en 685. Il laissait le pouvoir à son fils aîné, Abd Al Malik, qui fut un digne successeur de Moawia : même énergie habile en face des mêmes dangers. Le nouveau calife n'est, lui aussi, à ses débuts, que le souverain de la Syrie et de l'Egypte : l'Arabie et l'Iraq sont à Ibn az Zobair, qui déclare gouverner à la Mekke selon la tradition du prophète.

Il faut admirer qu'Abd al Malik ait été aussi détaché de l'esclavage du clan : rattaché aux Qaisites par les liens du sang, mais porté au pouvoir par un groupe Kelbite, il dut peut-être à cet événement une attitude d'impartialité supérieure, qui contribua à assurer son autorité. En outre, comme Moawia avait su s'attacher son pseudo- frère Ziyâd, Abd al Malik sut trouver, encore parmi les Thaqif d'At Taif, un serviteur éminent, un homme nouveau, Al Hajjâj ben Yoûssef ; il lui confia, sur l'Iraq et sur toute la partie orientale de l'Empire une autorité quasi-royale qu'Ai Hajjâj conserva sous le calife Al Walid, successeur et continuateur de son père. Ce fut par l'ordre d'Al Hajjâj que fut réalisée la conquête de la vallée de

l'Indus et celle de la Transoxiane jusqu'à Samarkand. On pensait à pousser jusqu'en Chine, sans savoir qu'elle était bien loin, par delà des montagnes et des déserts.

Mais, au début du règne d'Abd al Malik, il s'était agi d'abord d'une conquête plus modeste, celle de la Mésopotamie, de l'Iraq et de l'Arabie. Depuis la mort du calife Yézid, la première province était aux mains des Alides, commandé par Mokhtar, vengeur des morts de Kerbéla. Des troupes envoyées contre lui par Abd al Malik furent vaincues, mais le mouvement alide, hostile aux Oméyyades, s'opposait aussi à la communauté musulmane qu'Abd Allah ben ez Zobair, le fils du vieil ennemi d'Ali, avait reconstitué autour de la Mekke et de Médine. Son frère, Moç'ab, gouverneur de Goufa, vainquit et tua Mokhtar en 67 (687). Pendant cinq ans, l'Iraq resta une dépendance de l'Arabie : le pèlerinage devint impossible pour les Syriens, et le calife songea à créer dans ses états des simulacres de la grande réunion musulmane. Mais on finit par combattre : en 72 (692), Moç'ab fut vaincu et tué, l'Iraq soumis à Abd Al Malik, et l'année suivante, Al Hajjâj prit la Mekke, après un long siège dont les historiens racontent les incidents, en insistant sur les pierres que les machines du général omeyyade lancèrent sur la maison sainte. La mort d'Ibn az Zobair, (692), qui refusa tout accord, assura l'autorité complète d'Abd Al Mélik. Il semble que sous ce prince énergique et avisé, la communauté musulmane se reconstitue en une sorte d'élan national et religieux. C'est le beau temps de la guerre bysantine1.

Mais sous ce grand règne, l'immense empire fait

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