Wellhausen : Ar. Reich, p. 200 et ss
2. Tabari (A nn. 11.1730 et suiv.) rapporte sur lui des anecdotes qui donnent envie de comprendre plus nettement son caractère. Il a des soucis de sagesse d'administration familiale et d'économie à la Caton. En prenant le pouvoir, il révoque un secrétaire des finances qui avait commis une fraude au profit de son futur maître, etc.
Tabari \JLnn. 11.1650) a signalé sa belle attitude devant la disgrâce.
en Afrique du Nord avait été trop rapide pour être solide : leur révolte fut complète vers 730, et les Arabes ne tinrent plus que Qairouan. Ces désordres compromettaient l'établissement solide des Arabes en Espagne et en 732 la poussée de la conquête fut arrêtée à Poitiers par les guerriers de Charles Martel.
En même temps, on pouvait prévoir que les parties orientales de l'Empire allaient au moins répudier l'autorité oméyyade : en 740 eut lieu la première révolte sérieuse des Alides, des Chiites. Aux frontières chinoises, les Sogdiens soulevés annonçaient que là serait le centre de la prochaine tempête.
Le testament de Hichâm promettait le califat à son neveu vValid, qui se donna tout entier au parti Kelbite auquel appartenait sa mère, à la famille et à la clientèle d'Al Hajjâj. Des générosités inconsidérées aux dépens du trésor public, des violences inutiles, des maladresses de toutes sortes soulevèrent des révoltes : après quinze mois de règne, le jeune calife avait à combattre le parti Kelbite, les Alides, les Qadarites1, les dévots, les chrétiens. Répétant le geste pieux d'Othmân, il attendit, en lisant le Coran, la bande qui venait l'assassiner2.
Yézid ben vValid ben 'Abd al Malik essaya de gouverner avec le parti Kelbite et mourut au bout de six mois, en 744. Marwân II, petit- fils de Marwân I, réunit autour de lui des groupes solides et fidèles,
1. Ce court règne est intéressant par les tendances nouvelles qui s'y développent; les conversions des indigènes ont créé des milieux religieux bien vivants. Yézid a contre lui les vieux croyants, les dévots, qui en principe, sont cependant Jabarites et doivent subir un mauvais prince comme un incident de la prédestination divine; mais aussi les Qadarites qui commencent à prôner la liberté humaine et par conséquent à soulever des révoltes contre le maître. Voir Wellhaasen {Ar. Reich, p. 224).