‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 33 sur 180 · Wellhausen, Arab. Reich, p. 180 suit, et · texte numérisé non relu

Wellhausen, Arab. Reich, p. 180 suit, et

LES CALIFES OMEYYADES 201

qui le paiera après leur départ? — On cite une révolte des mawâli en Iraq : anciens prisonniers de guerre, affranchis et musulmans, ils ne payaient aucun tribut, ni jizya ni kharâj : d'autre part, bien que prenant part aux campagnes à la suite de leurs anciens maîtres, ils n'étaient point considérés comme combattants de la guerre sainte et n'étaient pas inscrits sur les registres des pensions1. Ils protestèrent — Il fallait donc régler, et d'une façon générale, la condition des mawâli, c'est-à-dire des nouveaux « citoyens », qui, affranchis ou « indigènes » convertis, cherchaient leur place dans la communauté musulmane. On voit comment la question s'élargissait singulièrement : il ne s'agissait plus seulement d'une question d'impôt.

Les juristes syriens d'Al Hajjâj réglèrent celle-ci en formulant pour la première fois un principe, à la romaine. Le tribut est dû, non point par le possesseur, mais par la terre qui est de condition quasi-servile : donc les possesseurs nouveaux convertis, ou les Arabes musulmans acquéreurs de ces terres devront continuer à payer le tribut. On devrait donc apercevoir à ce moment une distinction entre les deux éléments du tribut, la jizya que le nouveau converti ne paie certainement plus, et le kharâj que sa terre doit toujours; mais elle paraît ne s'être fixée qu'un peu plus tard.

Telle est la doctrine qui, jusqu'au règne d'Omar ben 'Abd al Aziz, fut appliquée, avec plus ou moins de précision, aux nombreux cas que faisaient surgir les conversions Elles se multiplièrent sous le pieux calife, qui crut bon d'apporter des modifications aux règles de l'impôt foncier : elles sont d'ailleurs un document utile pour fixer les traits de ce souverain. La

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