Ferd. Lot. Fin Empire, p
zième siècle où l'invention des armes à feu rend à l'infanterie toute sa valeur Mais même, si comme on le croit, l'infanterie dominait dans les armées de la conquête musulmane, l'opinion qu'on vient de reproduire, est dans le fonds exacte; car ces fantassins, comme les chameliers, ont fait la guerre désordonnée qu'ils connaissait, c'est-à-dire la razzia. A l'époque des Omeyyades, les troupes arabes sont une cavalerie, qui deviendra en partie turque dès le ixe siècle.
Les armées de la conquête s'élancèrent, on l'a dit, en groupements de fractions de tribus, au hasard des appels du calife et des dispositions belliqueuses de leurs chefs. Plus tard les fractions se mêlèrent dans des conditions qu'on n'aperçoit pas. En Syrie, centre du pouvoir des Omeyyades, le calife maintint l'ancienne organisation des thèmes bysantins comme cadre du diwân de l'armée : ce furent des divisions militaires et financières à la fois. Il y a cinq jound syriens : Qinnesrin, Hims, Damas, Palestine et Jourdain. Ils groupèrent les guerriers résidant dans chaque district, dont le kharâj fournissait la soldepension en nature, qui était complétée par diverses prestations et réquisitions. Les guerriers du même jound formaient une armée1. Aux époques de faiblesse, par exemple sous Marwan II en 127, le calife laisse chaque jound choisir son chef2. Gest une circonscription de recrutement et d'intendance, qui d'ailleurs n'impose pas une formation militaire identique. Les haines réveillées par le combat de Marj-Râhit rendirent plus impossibles que jamais la réunion en un même corps de soldats appartenant aux tribus du