Tabari, Ann. II
LES CALIFES OMEYYADES 217
Nord et à celles du Sud. Des « régiments » à commandement personnel furent formés. Il semble enfin, que dès l'époque Omeyyade des méthodes de combat à la persane se soient imposées. Dans la campagne contre les Kharijites, Marwân renonce à la disposition classique des troupes en lignes [çoufoûf), pour adopter un ordre en karâdis, expression qui paraît désigner des formations plus souples, en compagnies et escadrons manœuvrant séparément1,
On connaît l'armement des anciens Arabes par l'abondant vocabulaire de la poésie bédouine commentée par des lexicographes du ixe et du xe siècle. Il y a de longues lances que l'on peut manier à chameau ou à cheval, des javelots, l'arc où les Arabes semblent être aussi habiles que les Cretois ; le sabre, la masse d'armes; des armes en un mot qui conviennent soit à des fantassins, soit à des cavaliers, que couvrent diverses sortes de boucliers, des cottes de mailles et des casques.
En marche, les troupes arabes ont, à l'époque omeyyade, et sous l'influence bysantine, l'ordre quirestera traditionnel au moyen âge. Le gros de l'armée avec tous ses impedimenta est précédé d'une avant- garde (muqaddama), gardée par des corps de flanc [mujannabâï) et soutenue par une arrière garde (sâqa) qui, en marche, ramasse les traînards, et au combat retient les fuyards et les ramène dans la mêlée: c'est au milieu de la sâqa que marche le chef2
Le campement s' est organisé selonles usages bysantinsousassanides. Abou Moslim a un camp très fortement construit, entouré d'un îossê[khandaq) et muni