Tabari, Ann. II. 1941.16 et 1944.6; Wellhausen p
2. Tab. Ann. II. 1911.18; conf. ma traduction de l'Afrique du masâlih al abçâr introd. 46 et s.
de deux portes, à chacune desquelles sont préposés deux gardiens-chefs. L'historien énumère les officiers des divers services1. Certains de ces camps se transforment en villes, Coufa, Baçra, Fostat, Qairouan, etc. Il paraît impossible d'évaluer à aucun moment le nombre des soldats arabes2 : les chiffres que donnent les historiens arabes sont évidemment inexacts. Parfois ils pourraient s'appliquer non pas seulement aux troupes combattantes, mais en outre à la cohue qui suit l'armée. Voici un exemple assez suggestif. En 745, sous le calife Marwân, Soléiman est à la tête de 70 000 rebelles. Le calife envoie contre eux 7.000 soldats, et le chef ennemi fait avancer une troupe de même force : entre elles commence la bataille homérique : insultes en vers, combats singuliers, peu de morts. Un jour, il y a subitement panique et déroute des 70.000 hommes de Soléiman; Marwân permet de faire des captifs ou de tuer; on en massacre 30.000. Les chiffres sont sans doute fantaisistes, mais peutêtre pas autant qu'il semble : il y a, avec ces armées, une cohue de femmes, de valets, de mercantis3.
Le calife.
Si la société musulmane, durant la période omeyyade se transforme très vite, la figure de son chef change aussi avec elle. Le calife omeyyade est un cheikh bédouin, c'est entendu, mais c'est un chef et un roi* Quand il a un tempérament de maître, comme Moawia ou * Abd al Malik, il gouverne et il ne manque point