‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 43 sur 180 · Tabari, II. 1.909 et · texte numérisé non relu

Tabari, II. 1.909 et

d'affaires : défense des frontières, surtout guerre bysantine, révoltes alides et kharijites, querelles de tribus. Il trouve des moyens d'action dans les traditions de la politique arabe. Il sait commander, mais il sait négocier : il manie avec un art supérieur l'éloge, la menace, la plaisanterie, le cadeau, le mariage politique. A mesure que la dynastie dure, ses souverains sont d'ailleurs de moins en moins arabes; les femmes sont encore parfois des filles d'anciennes familles bédouines, mais elles sont plus souvent des étrangères. Le calife Yézid II peut dire, en pseudo-vers : « Je suis le fils de Chosroes et d'Abou Marwân; le César de Bysance est mon grand-père, comme le Khaqân turc est mon aïeul1. » Et ce n'est point sans conséquences.

Son titre principal est amir al muminin, c'est-àdire « prince des croyants ; il est le délégué du Prophète de Dieu, khalifatu rasûli llah. Mais, dès les Omeyyades, il devient le « délégué de Dieu », khalifatu llah, un titre que le Coran (11.28) donne à Adam. Il ne lui confère point un caractère divin, mais il confirme la délégation qu'il tient de Mohammed, héritier lui-même des prophètes successeurs d'Adam. Cependant il se combinera avec le caractère divin du roi des rois sassanides pour conduire à la quasi- adoration du calife abbasside par la foule.

Le calife omeyyade n'est point, il faut le reconnaître, un personnage particulièrement dévot; c'est un Mekkois pratique, dont les ancêtres ont commencé par combattre Mohammed et qui se sont ralliés à sa doctrine, quand ils ont compris qu'elle triomphait. Ils sont installés en Syrie depuis les débuts de la conquête, parmi des populations chrétiennes et juives; ils

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