‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 44 sur 180 · Tabari, Ann. II · texte numérisé non relu

Tabari, Ann. II

sont entourés de Bédouins qui n'ont guère changé leurs habitudes d'antéislâm. Beaucoup d'entre eux pourraient répondre comme fit Amr ben Ma'dikarib à Sa'd ben Abi Waqqâç, qui lui demandait quels versets du Coran il pourrait réciter : « Nous avons fait la guerre et nous n'avons pas eu le temps d'apprendre le Coran1. » Les poètes chantent, comme avant l'islam, le j eu et le vin ; le calife Walid 1 1 en boit soixantedix coupes en une seule nuit2

Le calife omeyyade n'est point certes un théologien; mais il a très complètement le sentiment qu'il est le chef de la communauté musulmane, et il en remplit les devoirs : il préside la prière du vendredi à la mosquée et il y prononce la khotba, l'homélie, à l'exemple du Prophète. Dans tous les domaines, il soutient les intérêts de l'islam. Il en observe les préceptes essentiels. Sans doute, Omar ben'Abd Al'Aziz est un omeyyade particulièrement dévot; mais Walid II, qui, pendant son court règne, semble avoir été bien indifférent à la religion, sait imiter, on Ta déjà dit, la mort pieusement théâtrale d'Othmân.

Le calife omeyyade est un roi, et il a des insignes royaux, de source religieuse d'ailleurs : le bâton et le sceau du Prophète, que la poste officielle, le bérid, apporte à Hichâm ben'Abd al Malik, aussitôt après son avènement. Le calife a une cour, qui s'ouvre largement suivant la mode arabe, mais non point à la foule populaire, comme on se l'imagine. Le démocratisme du calife omeyyade est un peu spécial : il est fondé sur le respect absolu de la hiérarchie musulmane.

Les califes omeyyades semblent connaître déjà les

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