‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 45 sur 180 · Tabari, Ann. II · texte numérisé non relu

Tabari, Ann. II

LES CALIFES OMEYYADES 221

promenades solennelles en cortège [mawkab), qui deviendront un rite sous les Abbassides et sous leurs successeurs. C'est par faveur toute spéciale, unique, que Maslama ben'Abd al Malik reçoit du calife Hichâm le privilège du mawkab1.

Chacun est introduit au tour, chacun est placé dans la salle au rang, que lui désigne sa qualité dans l'Islam2 : émigré de Mekke avec et après le Prophète, ançâri, combattant de Bedr, compagnon du Prophète, puis ancienneté dans l'Islam. C'est une hiérarchie qu'il n'y a pas lieu de croire inventée par les écrivains arabes et qui est en contradiction comique avec l'irréligiosité dont ils accusent les Omeyyades. D'ailleurs le calife y perd un peu de la bonhomie traditionnelle qui avait fait le charme du Prophète, de ses successeurs immédiats, de Moawia : il se change en souverain oriental et prend des airs hautains de maître.

On a parlé de la bonhomie malicieuse et ironique de Moawia et de sa politique de bonté un peu fastueuse à l'égard de ses ennemis : une habileté bédouine, qui ne manque point d'élégance ni de charme. Il semble que l'on soit ainsi dans la politique traditionnelle qui ménage la vie humaine et craint les rancunes et les vengeances. Mais les désordres constants de la communauté musulmane, la rupture des liens traditionnels, la fréquentation aussi des milieux bysantins et sassanides altérèrent cette bienveillance systématique, qui n'était point d'ailleurs exempte de quelque perfidie.

Les Omeyyades pratiquent les supplices : un gou-

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