‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 59 sur 180 · Goldzicher, Dogme et loi de V islam, p. 273, note · texte numérisé non relu

Goldzicher, Dogme et loi de V islam, p. 273, note

LES CALIFES OMEYYADES 251

de l'assassin d'Omar, comment leurs maîtres se contentaient de les laisser travailler à leur compte, moyennant une redevance journalière. Les artisans des pays conquis conservent des habitudes de groupements professionnels , qu'on ne peut que deviner, et qui permettront la formation des souqs des cités abbassides.

Si les conquérants arabes sont très novices aux choses de l'agriculture et de l'industrie, ils sont mieux préparés à comprendre les changements que la conquête apporte à la vie commerciale. La conquête de la Syrie et de la vallée des deux fleuves, et la paix que leur assure la sage domination des califes Omeyyades, ramènent la route commerciale des Indes à son ancien tracé1. La basse vallée du Tigre et de l'Emphrate, ouverte sur le golfe Persique et sur la mer qui conduit dans l'Inde et jusqu'en Chine, n'est pas seulement un entrepôt local, dont l'activité commerciale est arrêtée par le désert syrien et par la montagne arménienne; Baçra, Coufa, plus tard Bagdad, sont les marchés orientaux où les Syriens viennent chercher les produits asiatiques qu'ils répandent en Méditerranée. Dès longtemps, Juifs et Syriens ont commercé dans toute la Méditerranée et ont été s'installer jusqu'en Gaule et y fonder des comptoirs. La guerre avec Constantinople, arrête momentanément les échanges entre Beyrout, Alexandrie et le monde bysantin et chrétien; mais en compensation, elle prépare un grand commerce maritime entre les diverses régions de la Méditerranée, le long des côtes

1. 'Omar ben 'Abd al 'Aziz recommande que l'on construise des caravansérails (khânât) où l'on aura soin des voyageurs (Tabari, Ann., 11.1364).

d'Afrique du Nord en Espagne, en passant par la Sicile et les Baléares.

La conquête arabe et le rétablissement de la route des Indes par le Golfe Persique anéantit d'un seul coup le commerce qui passait par la vieille route Yémen-Mekke-Gazza. Les marchands qui, aux premiers jours de la conquête, étaient venus s'installer à Médine, centre de l'Empire, s'empressent vers des cités plus vivantes. La Mekke se dépeuple : les puits se comblent, aux lieux où jadis s'arrêtaient les caravanes1.

L'ancien commerce mekkois,on le répète, avait connu les échanges avec l'emploi de l'or et de l'argent, sous forme de lingots, exceptionnellement de monnaie pesée. La conquête de l'Iraq et de la Syrie mit les Arabes en contact avecdes populations qui pratiquaient l'usage courant de la monnaie. Dès que fut créé le diwân de l'armée, on comprit que le paiement des pensions militaires en nature ne pouvait être employé seul : d'ailleurs une partie de l'impôt entrait en monnaie au trésor. Les Arabes s'adaptèrent donc très vite à son usage : ils se servirent d'abord des anciennes frappes en circulation, des pièces d'or bysantines, des pièces d'argent persanes, ou de celles à la chouette d'Athènes en argent himyarite. Il semble que Moawia ait voulu en fabriquer de nouvelles, qui ne furent point acceptées. Ce n'est que vers 75 (694), sous Abd al Malik et avec Al Hajjâj, qu'apparaissent des monnaies avec des inscriptions coraniques, affirmant l'unité divine. La tradition veut qu'elles aient été le prétexte d'une reprise de la guerre bysantine. La variété des monnaies en cours conservait au

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