‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 60 sur 180 · Lammens La Mecque, p · texte numérisé non relu

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LES CALIFES OMEYYADES 253

commerce du change une grande activité. Il était surtout aux mains des Juifs; mais les Coréichites en avaient assez l'expérience traditionnelle pour ne point le surveiller.

Chaque province avait gardé ses mesures de volume et de poids : l'Iraq, le dirhem et le qafiz; la Syrie, le dinar (denarius) et le mudd (modius); l'Egypte, le dinar et l'ardab1. Il n'est rien d'aussi inextricable que la forêt des mesures dites arabes.

La littérature

On a répété ici que les Omeyyades, tout mekkois qu'ils fussent, ont fait figure de Bédouins dans leur Empire syrien. Cette affirmation sommaire est confirmée par la littérature. Ils ont continué à trouver plaisir à l'éclat d'une poésie qui ne faisait que répéter les anciens poètes de l'antéislâm. Les grammairiens arabes ont conservé les vers des poètes les plus illustres de la période omeyyade, en recueils ou diwân; dans les grandes anthologies où ils ont joint à la biographie des poètes quelques-unes de leurs œuvres et aussi dans les ouvrages techniques des grammairiens, qui abondent en citations, les érudits modernes de l'Europe puisent des documents suffisants à l'étude des poètes secondaires. Al Akhtal, Jarir et al Farazdaq sont de grands poètes à la bédouine, qui ont suivi le chemin des ancêtres et qui, plus excellemment encore, nous enseignent notamment qu'il n'y a point de limites à la faculté d'injure d'un Bédouin irrité. Les poètes conservent tout leur pouvoir d'action sur

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