‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 6 sur 180 · Grohmann, dans Encycl., Islam, art. Marib · texte numérisé non relu

Grohmann, dans Encycl., Islam, art. Marib

ARABIE ANTÉISLAMIQUE 47

son organisation au phylarquat ghassanique; converti au christianisme, qui a été prêché dès le IVe siècle en TransJordanie et dans l'Arabie de Pétra, Harith ben Jabala reçoit le titre de patrice; ses croyances monophysites lui donnent la faveur de Théodora qui fait nommer un évêque à Bosra, avec juridiction sur la Palestine et sur les tribus de l'Arabie du Nord, au delà même du limes romain, dont la ligne subsistera après la conquête musulmane. De Palmyre à Pétra, s'étend donc une marche byzantine qui permet de surveiller à la fois la voie commerciale du Hidjaz, les affaires d'Arabie et les tribus arabes qui dans la basse vallée de l'Euphrate montent la garde pour le compte du roi sassanide.

Dans une ville voisine de l'antique Babylone et de la future Coufa, à Hira, un ancien chef de la tribu de Kinda, promu au rang de roi par le souverain perse, gouverne des Arabes dont quelques-uns se sédentarisent, et parmi lesquels se répand le christianisme nestorien. On le voit en relations diplomatiques avec Byzance qui, sous Justin et Justinien, lui paie des subsides.

Il suffit de ces indications pour faire voir que la péninsule arabique est moins déserte et moins isolée qu'on ne le croit d'ordinaire; on peut dire même qu'elle se rattache en quelque mesure à la vie de la Méditerranée orientale, où domine Byzance menacée par la Perse. Par la route commerciale dont on reparlera, elle est l'un des liens qui unissent le monde méditerranéen et l'Inde; la marche ghassanide est un intermédiaire politique entre elle et Byzance; elle a des relations régulières avec l'Egypte, en même temps qu'elle se mêle aux affaires de la vallée du Tigre et de l'Euphrate; on redira les conséquences

religieuses de ses relations avec des populations juives et chrétiennes. L'empereur byzantin sait s'intéresser parfois aux affaires d'Arabie, et quand Imroul Qaïs cherche un appui pour réaliser ses desseins royaux, c'est vers lui qu'il se tourne, et la légende le conduit jusqu'à Constantinople.

On trouvera partout, des énumérations des tribus arabes avec leur habitat1 : les faits ne seront pas exposés ici avec assez de détails pour qu'il soit utile de les répéter. Noms et habitat ont beaucoup varié au cours des temps; des tribus se sont éteintes : la principale tribu de Modar, les Qaïs, qui jouaient jadis un si grand rôle que leur nom signifiait « Arabes du Nord » en face des Kelb, représentant les Yéménites, ne se retrouvent plus que dans une petite tribu semi-nomade de l'Euphrate, qui paie tribut aux Chammârs2.

Les régions méridionales de l'Arabie, sont on le répète, à mettre à part. Elles sont nettement tournées vers l'Inde, et, malgré les dangers de la navigation, elles ont eu avec l'Asie des rapports anciens et suivis. L'ensemble Omân-Hadramout-Yémen est habité par des populations qui parlent des dialectes de l'arabe fort différents des autres sédentaires ; elles ont eu une civilisation plus complète et différente, avant et même après l'islam; le pays a une histoire indépendante qui le met en relations avec la Perse d'une part, et, d'autre part, avec l'Abyssinie; l'Arabie méridionale a eu constamment son existence spéciale.

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