‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 61 sur 180 · Wellhausen, Ar. R., p. 135 et · texte numérisé non relu

Wellhausen, Ar. R., p. 135 et

« l'opinion publique » : un gouverneur de Médine est perdu de réputation, non point par les sottises qu'il a faites, mais parce qu'il « n'y a point un poète qui ne le satirise1 ». Peut-être , l'originalité d'Omar ben Abi Rabi' vient-elle surtout de notre ignorance d'une ancienne poésie amoureuse . Zur Rumma est un habile et délicat arrangeur de vieilles formules. C'est, en somme, un art tout antéislamique, qui retarde singulièrement sur l'état de la société au vme siècle, quand les conversions font entrer en masse les indigènes dans la communauté musulmane, et que l'âme et la vie de l'aristocratie arabe et du calife lui-même se transforment sur tant d'objets. Le pur goût arabe prend à la cour un air rococo. Le calife n'est plus le seyyid des anciennes qacida, aux clichés pleins de noblesse, qui commence par la plainte de l'amoureux poète sur les traces du campement abandonné On tourne en ridicule la poésie des allai, des « débris » laissés sur le sol par les tentes. Une sorte de querelle des anciens et des modernes va naître et durer, après que des poètes, dont le plus illustre est Abou Nouwâs, auront apporté des formules nouvelles.

La poésie arabe s'est toujours intimement unie à la musique, qui pourtant est l'art dont on connaît le plus mal l'histoire chez les Arabes On en ignore tout, pour la période antéislamique, bien que, suivant la tradition, l'art du chant ait été dès longtemps florissant à la Mekke, comme le prouve l'anecdote des deux« sauterelles » qui font oublier leur mission aux envoyés des Thamoudites2. C'est le caractère païen du chant et de la musique, et leur intime union

Page 1