Par exemple, Tabari, Ann. 11.1700 et suiv., 1790 et s
LES CALIFES 0MEYYAD1S 261
cœurs généreux, qui, opprimés, attendent leur délivrance1.
Dès le règne d'Omar ben 'Abd al 'Aziz , quand se posait de façon aiguë la question des conversions et du régime de l'impôt, les provinces iraniennes se développaient hors du milieu bysantino-syrien. Les Arabes de la conquête, qui avaient poussé jusqu'à la région lointaine, qu'il est convenu d'appeler le Khorassan, et qui comprenait en fait tout le plateau iranien jusqu'à la Transoxiane, s'étaient trouvés fort isolés du reste de l'Empire et en avaient pris des mœurs particulières. Les smalas familiales n'avaient guère dépassé la montagne bordière de l'Iran, et c'étaient des célibataires qui, en bandes, étaient venus épouser des femmes indigènes. Un historien2 évalue leur nombre à deux cent mille, à l'époque de la révolution, en comprenant les femmes et les enfants : cest un maximum. La fusion s'était si bien faite entre vainqueurs et vaincus que, dans les annales imprécises des Arabes , on distingue mal les Arabes iranisés des indigènes convertis ou affranchis, des mawâli, qui ont conservé le souvenir d une antique civilisation et les traditions de la dynastie sassanide, qui se sentent largement les égaux des envahisseurs arabes et qui dresseront, au siècle suivant, la supériorité intellectuelle des indigènes et des métis contre les purs arabes Dès l'époque omeyyade, ils combattent à la suite de l'armée musulmane pour défendre, contre les Turcs, leur pays, où tous les éléments, Arabes conquérants, indigènes convertis et mazdéens, vivent en bon accord.