Tabari, 11.1582 et s
des terres, qui avaient fait un instant la fortune de Mazdak et qui reparaîtront mainte fois en terre iranienne. Ce n'est qu'après la mort de cet étrange musulman (736), que Mohammed ben Ali crut nécessaire de lancer contre lui l'anathème.
La propagande abbasside ne prit toute son ampleur qu'après la mort de ce Mohammed, en 743; son fils Ibrahim en confia la direction à Abou Moslim, sans doute un Iranien, qui fut le maître des événements qui amenèrent la révolution1. On en trouvera l'exposé dans le livre de Wellhausen : il faut retenir surtout quAbou Moslim ne dut pas seulement son succès à son habileté à profiter des fautes de ses adversaires, mais aussi à l'incapacité de ceux-ci à s'unir. Si 1 on ne connaissait 1 individualisme anarchiste des Arabes, on se serait attendu à trouver ici deux partis en présence, celui des indigènes résolus à profiter du désordre pour prendre rang honorable dans la société nouvelle et même pour y dominer, et celui des Arabes unis contre un danger commun. C'est, au contraire, le désaccord des groupements arabes qui procure à Abou Moslim l'essentiel de ses succès. Avec une incohérence forcenée, les chefs arabes se livrent aux intrigues les plus compliquées : l'intérêt, la vanité, un coup de passion les fait changer de camp en un tourne-main Quand par hasard ils s'unissent, Abou Moslim sait faire jouer les machines qui les rejettent comme des pantins, les uns contre les autres2 La simple perfidie joue aussi son rôle, et Abou Moslim, ici encore, manauvre en maître3.
1. Wellhausen p. 323. — Il faut lire, dans Tabari, le roman des origines d'Abou Moslim (11.1726 et s.) et en retenir surtout, aue les prisons étaient, en Iraq, un milieu excellent pour préparer les révoltes