‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 74 sur 180 · Aug. Mûller, Islam, I · texte numérisé non relu

Aug. Mûller, Islam, I

qanna, dernière incarnation de Dieu après Abou Moslim. Il y a à Mossoul, à Alep, des centres mazdéens que le calife prétend détruire par des exécutions. La grande affaire du règne, c'est la succession au trône : le fils aîné, Al Hâdi, a contre lui l'épouse d'Al Mahdi, une berbère, Khaizuran, et Yahya le Barmékide qui poussent le second, Haroun. Al Mahdi meurt avant d'avoir obtenu la renonciation d'Al Hâdi qui règne1.

C'est une simple brute, un « colosse aux cuisses de chameau », qui insulte et frappe quiconque passe à portée de sa monture2, et qu'on salue d'une adoration servile : Abd Allah ben Malik, recevant sa visite, « baise sa main, son pied et le sabot de son âne3 ». Pendant une révolte d'Alides à Médine, il s'occupe de régler sa succession au califat; mais sa mère le fait assassiner en 786.

Elle assure ainsi le règne illustre du calife légendaire Haroun ar Rachîd, le « bien dirigé » par Allah4. C'est un personnage qui paraît médiocre, mais actif, appliqué, pieux quoique des modernes puissent en penser, et non dépourvu de bon sens; il a un haut sentiment de son autorité : on pense parfois à Louis XIV. Il a profité, pour sa gloire, des talents administratifs des Barmékides, qu'il fit assassiner en 803. On trou-

1. Mort mystérieuse au moment où il marche sur Jorjân pour contraindre, dit-on, Al Hâdi à céder ses droits à Haroun; accident de chasse selon les uns, empoisonnement accidentel suivant d'autres L'historien (Tabari, III, 524 et s.) préfère s'en tenir à l'éternelle volonté de Dieu. L'histoire des Abbassides est une longue suite de morts tragiques ou étranges.

Page 1