Soyouti, Hist. des califes, p
l'importance semble aujourd'hui bien mince, celle de la création du Coran1. Le Livre Saint est-il une création de Dieu, ou est-ce sa parole, partie intégrante de son essence, donc éternelle comme lui et incréée? Al Mâmoun suivit avec les mo'tazilites, la doctrine de la création, et il obligea sous peine de déchéance, de châtiments corporels et même de mort, les cadis, les imams, les juristes à déclarer expressément que le Coran est créé. Il est intéressant de suivre chez les chroniqueurs arabes les interrogatoires de ces gens habiles, qui s'efforcent de trouver une réponse qui ne blesse point leur conscience, tout en ne compromettant point leurs intérêts matériels; et aussi, les instructions menaçantes du calife qui rappelle à chacun d'eux qu'ils ont dans leur passé des taches qui suffiraient à les faire condamner. En 8c3, la persécution prenait une forme violente, quand le calife mourut subitement à Tarse, au cours de la razzia bysantine.
Quoi que l'on pense de la valeur du débat, une société qui se passionne pour de telles questions mérite d'être étudiée. Elle a discuté avec violence, et parfois avec de réels efforts d'indépendance intellectuelle, les plus hauts problèmes de la théologie; c'est au milieu d'elle que les grands imams ont fixé les principes pour l'étude du Coran et du hadith, et ceux de la pratique religieuse et juridique; c'est alors aussi que reprenant la tradition d'Al Mançour, de savants traducteurs ont transposé en arabe les œuvres d'Aristote et de Galien. Avec Al Jâhiz, la prose arabe a atteint une perfection qu'elle n'a pas connue plus tard.
Après le règne d'Al Mamoun, on entre dans la courte