‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 88 sur 180 · Qui y envoie son fils (Tab., Ann., II · texte numérisé non relu

Qui y envoie son fils (Tab., Ann., II

Al Balqâ. La Mésopotamie (Jazira) et Mossoul, parfois isolés, forment en général un gouvernement avec l'Azerbaïjan et l'Arménie. On a dit plus haut que sous Haroun, les confins militaires qui dépendaient des gouvernements de Qinnesrin et de la Jazira forment un district militaire spécial, les Awâçim, où sont organisées les expéditions contre les Byzantins.

C'est là une division très sage, conforme à la nature et aux traditions; quand une modification intervient, elle parait répondre à un besoin nouveau, militaire, politique ou économique. Faut-il y constater la sagesse des califes, ou plutôt rechercher l'armature administrative qui, à travers les révolutions les plus violentes, maintient ou rétablit les antiques divisions que la fantaisie n'a point créées et qui sont nées de la réalité des choses ? Le régime de quasi-indépendance des gouverneurs des provinces serait donc heureux pour les peuples, puisque celles-ci correspondent à des divisions naturelles; mais ils souffrent toujours des maux qui rendaient jadis si lourde le domination de Rome, et aussi la royauté sassanide. Les gouverneurs, instables, passants pressés de faire une fortune que guette la confiscation et peut-être l'assassinat, songent avant tout à piller. Sous le règne tranquille de Haroun, en vingt-deux ans, de 786 à 809, Médine a dix gouverneurs, Mekke seize, Coufa neuf, Baçra douze, le Khorassan dix1.

Sous le célèbre vizir Ali ibn* Isa, au dixième siècle, il y a onze gouverneurs en onze mois pour un district bagdadien, et en vingt jours, on nomma neuf personnages différents pour une même place à Holwân2.

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