Tabari, Ann., III
3. Tabari, Ann., III, I, 410. L'Occident a connu aussi ces combinaisons personnelles.
et 'ûmmâl (plur. de 'âmil)1, sont payés par le gouverneur. Sous Mançour, ils reçoivent trois cents dirhems par mois, suivant une règle établie par Al Hajjâj et maintenue jusqu'à Mamoun1.
Les gouverneurs pillent, on le redira, pour jouir, pour s'enrichir, pour payer leurs appuis à la cour. Les meilleurs reçoivent des cadeaux2, et il y a une sorte d'accord avec les contribuables, qui comptent bien qu'on ne sera pas trop strict pour le paiement des impôts. Il en est peu qui réagissent aussi finement que Omar ben Mahran, gouverneur de l'Egypte. En arrivant, il recommande à son secrétaire de n'accepter aucun cadeau de nature périssable; chevaux, femmes, esclaves, mais seulement des objets mobiliers durables, et il lui ordonne d'en tenir registre. Puis il fait payer l'impôt inexorablement atout le monde. A la troisième échéance, il y a des demandes de délai : le gouverneur fait évaluer les cadeaux reçus et en déduit la valeur de l'impôt à payer3.
1. Tabari, III, 434 et 435. Le titre de 'âmil qui semble avoir été, à l'origine, celui du receveur des finances, est très général. En 855, l'officier qui prépare l'expédition contre les Béjas est 'dm/Z'û/d l harb (Tabari, Ann., III, 1340, 17).
2. Ces cadeaux ont pris la stabilité d'un tribut fixe; dès les premiers temps de la conquête, la Nubie envoyait un tribut annuel de trois cent soixante-cinq esclaves; on en ajoutait quarante pour le gouverneur, et d'autres fonctionnaires avaient leur part; il y en avait dix pour le lieutenant du gouverneur à Assouan, cinq pour le hâkim de Assouan qui prenait livraison de la marchandise, et un pour chacun des douze témoins (Maçoudi murûj, III, 39; Maqrizi, éd. Wiet, III, 296).