Tabari, III, 1468; comp. III
2. Tabari. Ann., III, 374, 2. Ce petit fait prouve notamment qu'il n'y a aucune évaluation officielle des facultés des chefs des habitants.
et l'acquittement des droits. Elle a même le monopole de certaines productions et fabrications; il y a des manufactures d'Etat.
Les ressources du butin n'ont point disparu entièrement : on pratique régulièrement la razzia byzantine, quand on le peut, et à charge de revanche. Aux frontières du Khorassan, on ramasse des esclaves sur les Turcs; enfin, dans les guerres civiles, les révoltés sont hors la loi et pillés. Les soldats se partagent, suivant la règle coranique et en laissant sa part au prince, ces dépouilles qui ne sont plus rien en comparaison du butin qui faisait jadis la fortune de tout un peuple. On conserve la notion de l'immeuble conquis, partie du butin permanent de la communauté musulmane. Quand Mançour fait démolir le palais blanc de Ghosroès à Madaïn, il met à l'amende ceux qui en emportent une brique1.
C'est cette même idée de butin qui fait attribuer au Trésor public le cinquième des trésors cachés, le produit des mines, les esclaves en fuite ou sans maître, les héritages enfin. Le fisc s'efforce de proliter de la complication des règles successorales créées par le Coran et par les traditions, et de se trouver en droit de réclamer sa part de l'héritage. Le « bureau des héritages », diwân al mawârith2, organisé sous Mo'tamid (mort en 892), a des légistes qui fondent une doctrine. Le fisc est particulièrement ardent à s'approprier les biens d'un « étranger »; à Bagdad, il essaie de confisquer la succession d'un marchand égyptien musulman3.