‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 96 sur 180 · Voir Mez, l. c, p. 106 et · texte numérisé non relu

Voir Mez, l. c, p. 106 et

Il faut considérer les confiscations comme un revenu normal du trésor, bien qu'elles soient parfaitement illicites et que d'ailleurs le calife dissipe aisément les ressources qu'il en tire. Tout fonctionnaire destitué doit apurer ses comptes; il est conduit dans une maison tranquille où on lui fait rendre égorge. A la mort de Mohammed ben Solaïman en 172 (788-/89), Haroun confisque ses biens et ordonne de procéder à un inventaire systématique : il y a un agent spécial du fisc pour chaque catégorie de valeurs; métaux précieux, vêtements, tapis, esclaves et bêtes de somme, parfums, joyaux, etc. Les agents du fisc ne laissent que le rebut : les espèces sonnantes entrent dans la caisse du Trésor; mais avec le reste le calife fait des cadeaux à ses favoris1. — Chez un autre on confisque tous les cadeaux qu'il a reçus dans ses diverses charges au Sind, Mekran, Fars, Ahwâz, Yamâma, Oman; des grains, des fromages, des poissons en partie gâtés2.

C'est un moyen bien facile pour un prince de se procurer des ressources. Mançour, qui tient un compte spécial des confiscations, conseille à son fils Mahdi de les restituer le jour de son événement3. Mais, d'ordinaire, le calife les garde et confisque un peu au hasard. Gomme on proteste que le confisqué n'a aucun lien de parenté avec le sultan et qu'il n'a exercé aucune fonction qui permette de légitimer un prélèvement sur la succession, on va chercher qu'il avait épousé une affranchie d'un ancien gouverneur du Sind et qu'il avait hérité de biens détournés du domaine califien4.

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