‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 97 sur 180 · Tabari, /. c, III · texte numérisé non relu

Tabari, /. c, III

La levée de ces impôts, compliqués et de plus en plus lourds, ne se fait point sans peine. La répartition de l'impôt foncier est difficile : on s'en tire par la responsabilité collective des habitants de chaque localité. Mais certains remettent leurs terres à de grands et puissants propriétaires, qui les dissimulent dans l'étendue de leur domaine et qui eux paient seulement la taxe de dotation foncière. Ils sont en lutte avec les agents du fisc, et hors du droit, résistent aux agents d'un gouvernement faible. Quand le fisc est le plus fort, il use de tous les moyens : la littérature juridique discute trop savamment et interdit avec trop d'insistance les coups, le fouet, la torture, dans la pratique fiscale, pour que ce n'y soit point moyen d'action courant1. On reparlera du goût des supplices.

C'est encore, sans doute, un héritage de Byzance que la ferme des impôts. Elle est blâmée par Abou Youssef2 d'une façon qui ne fait aucun doute sur son existence courante à l'époque d'Haroun ar Rachid (785-809). Les impôts des groupements communaux étaient affermés pour une somme fixe, de même que le grand concessionnaire de qaliâ* payait un kharâj déterminé. L'un et l'autre avaient les mêmes obligations et les mêmes moyens de les remplir. Il est probable que la ferme des impôts a été, malgré l'opposition des gens de sens, le régime normal; la France sait, par expérience, que c'est un procédé de gouvernement aux abois, et qu'il est, en fin de compte, aussi désavantageux pour lui que douloureux et ruineux pour le contribuable. A la fin du ixe siècle, le calife

1. Ibn Qotaïba, 'Uyân al kahbâr, I, 201, 1. Ibn al Moqaffa, l'auteur de Kalila et Dimma, est emprisonné pour non-paiement de l'impôt kharâj et maltraité.

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