‹ Histoire du monde (volume 2)Chapitre 98 sur 180 · Kitâb al kharâj, p · texte numérisé non relu

Kitâb al kharâj, p

Mo'tadid (892-901), impuissant à se faire payer et pressé d'argent, accepte avec ravissement l'offre d'un financier, qui lui prête une grosse somme sur les impôts à venir de quelques districts babyloniens1.

On est bien renseigné sur le fonctionnement de ces fermages en Egypte. Tous les quatre ans, il y a abjudication publique, dans la mosquée de 'Amr, et plus tard dans celle d'Ibn Touloun. On prévoit des frais d'amélioration de la terre et de réparation des canaux, outre le versement à l'Etat d'un kharâj moyen; l'excédent est profit pour le fermier1. Il y a un cadastre, révisé tous les trente ans : c'est une institution de l'ancienne Egypte qui continue.

C'est le fermier, bien entendu, qui est chargé du recouvrement des impôts et qui y retrouve les intérêts de son argent et un petit bénéfice. Il semble que désormais les fermiers de l'impôt devinrent des auxiliaires normaux du califat. Ils prirent la place du collecteur d'impôts, et en conséquence ils acquittèrent les taxes locales, et payèrent le salaire des agents du fisc, qui passèrent sous leurs ordres et sur lesquels ils eurent droit de nomination et de destitution. Cet expédient de gouvernement, acculé à la faillite, paraît s'imposer à celui de Bagdad au Xe siècle- Il ne reçoit presque plus rien des provinces lointaines- Toutes les dépenses des agents locaux, l'entretien du gouverneur et de sa petite cour, la solde et l'équipement des troupes, les dépenses nécessaires d'utilité publique, canaux, ponts, digues, etc., sont prélevés par l'âmil sur les impôts de la province. Jadis il restait

1. Mez, Renaissance, p. 124. D'ailleurs, les gouverneurs abbassides ont toujours levé les impôts à leur guise, et ont cherché à avoir un abonnement avec le fisc impérial, à payer un tribut annuel fixe.

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