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WHIGS ET POLITIQUE DE RÉFORMES

rose du \ieux Guillaume IV. La princesse de dix-huit ans qui lui succéda était entourée de la sympathie générale. Mais elle n'avait pas été instruite de ses devoirs de souveraine. Le vieux duc de Melbourne sut avec tact faire son éducation politique et gagner sur sa jeune pupille une influence quasi paternelle.

L'enrichissement du pays par lies progrès de l'industrie semblait d'ailleurs aux whigs une garantie de stabilité. Depuis qu'en 1828 avait été construite la première voie ferrée entre Liverpool et Manchester, le réseau des chemins de fer s'étendait rapidement, et la mise en service des premiers bateaux à vapeur amenait en i84o la fondation de grandes compagnies de navigation : la Cunard et la Compagnie Péninsulaire. L'usage du timbre poste activait les échanges et le développement du Lancashire, où s'élaborait la moitié des exportations britanniques, stimulait aussi la production des industries métallurgiques qui lui fournissaient ses machines.

If. — Les agitations ouvrières, chartistes, irlandaises et libre-échangistes.

Mais les progrès de l'industrie avaient pour contrepartie une effroyable misère : entassement dans des logements étroits de la population ouvrière; enfants vendus par lies surveillants des pauvres aux industriels, astreints dans les mines à un travail malsain et dangereux; salaires de 10 à 12 francs par semaine I>our toute une famille, alors que le tarif protecteur rendait le pain cher.

Malgré l'émotion soulevée par le résultat d'enquêtes officielles, le Parlement restait hostile à une intervention de l'Etat qui limiterait la liberté du travail. Aussi

42 LE MONDE ANGLO-SAXON AU XIXe SIÈCLE

les ouvriers cherchèrent-ils à s'unir pour se défendre.. Robert Owen, patron aux idées généreuses, fut le promoteur du « socialisme » anglais. Après avoir donna l'exemple en créant pour son compte une usine modèle, il se prit d'enthousiasme pour la « coopération », voyant en eUle le seul remède à l'exploitation des ouvriers. Puis il consacra ses efforts à développer le mouvement trade-unioniste. Des unions locales existaient,, groupant les ouvriers d'un métier. Owen voulut établir une fédération nationale entre les ouvriers de tousles métiers. Il fonda V « Union Nationale de l'Industrie », qui se proposait audacieusement d'organiser la grève générale pour obtenir la journée de huit heures.

Il ne réussit qu'à dresser contre lui la classe patronale. A lai grève, elle opposa le lock-out. Les patrons exigèrent des ouvriers la « déclaration écrite » qu'ils n'appartenaient a aucune association ouvrière. Enfin, le gouvernement se mit à poursuivre les ouvriers coupables de <( conspirations illégales », et Ton vit six journaliers de Dorchester, qui s'étaient associés dans l'espoir d'éviter une réduction de leurs salaires^ condamnés à sept ans de déportation pour serment illégal.

Un meeting monstre de protestation n'eut aucun effet. L'Union Nationale manquait d'argent pour soutenir des grèves. D'autres condamnations suivirent, et les ouvriers, découragés, revinrent au parti radical, pour obtenir, par la conquête des pouvoirs politiques, une améHioration de leur sort.

L'agitation « chartiste » succédant à l'agitation ouvrière eut pour chefs un ouvrier owenite, Lowet, fondateur d'une « Association des travailleurs londoniens », et un tribun irlandais exalté, Feargus O'Connor. Leur programme — la Charte du peuple — comprenait le suffrage universel, des parlements annuels, le scrutin secret et une indemnité parlementaire. Leurs

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