‹ Histoire du monde (volume 3)Chapitre 15 sur 65 · LE MINISTÈRE PEEL · texte numérisé non relu

LE MINISTÈRE PEEL

l'appui des libéraux lui permit de faire voter son projet; mais il brisa l'unité de son parti. Quelques jours après, Disraeli, par l'appoint des votes protectionnistes, mit le ministère en minorité.

La chute de Peel ne devait pas compromettre la victoire de Cobden. A partir de 18^9, les blés étrangers entrèrent librement en Angleterre, et, cette même année, lord John Russell, qui avait pris le pouvoir, acheva, par l'abolition de l'acte de navigation, le triomphe du libre-échange.

Le succès des libre-échangistes contribua beaucoup, à préserver l'Angleterre de l'épidémie de révolutions qui, en i848, éclata sur le continent. Celle-ci provoqua une résurrection du Chartisme. Une nouvelle Convention, sous la direction d'O'Connor, convoqua à Londres un meeting monstre, destiné à porter au Parlement une immense pétition. Le ministre, effrayé, confia à Wellington la sûreté de la capitale. La ville se remplit de troupes, les bourgeois s'enrôlèrent dans une police volontaire, et l'entreprise des Chartistes s'acheva par un fiasco ridicule, car l'examen de la pétition montra qu'elle contenait beaucoup moins de signatures qu'O'Connor ne l'avait dit, et que plusieurs d'entre elles étaient l'œuvre de mauvais plaisants.

En Irlande, après le déclin et la mort d'O'Connell, un parti démocratique et révolutionnaire s'était formé: la « Jeune Irlande ». En i848, il appela la France à son secours et tenta un soulèvement. Mais l'arrestation de ses chefs suffît à rétablir l'ordre. La famine obligeait les habitants à émigrer en masse en Amérique, et la population en quelques années diminua de deux millions. Pendant vingt ans, l'Irlande, épuisée, allait tomber en léthargie, tandis qu'en Angleterre les prévisions de Cobden se justifiaient. Sous le régime libreéchangiste, le commerce et l'industrie devenaient florissants.

Page 1