‹ Histoire du monde (volume 3)Chapitre 2 sur 65 · I. — L'Angleterre en · texte numérisé non relu

I. — L'Angleterre en

A l'issue des guerres napoléoniennes l'Angleterre semblait entre tous les belligérants le mieux préparé à profiter du rétablissement de la paix. Elle avait échappé aux révolutions, consolidé son Empire, et les progrès surprenants de la grande industrie, qui la mettaient en avance d'une génération sur le continent, allaient permettre l'expansion victorieuse de son commerce et de sa colonisation. Mais l'accroissement rapide de sa puissance économique allait aussi l'obliger à entreprendre la réforme progressive de ses institutions politiques et sociales.

La (( liberté anglaise », qui avait fait l'admiration de nos philosophes, n'existait encore qu'au profit d'une aristocratie peu nombreuse de propriétaires terriens. Les whigs comme les tories se recrutaient dans leurs rangs, et la formation de deux partis, rivaux

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mais collaborant au travail parlementaire, celle d'un Cabinet dont les membres devenaient de plus en plus solidaires, n'avaient été possibles que parce que le peuple ne participait pas encore à la vie politique.

Maîtresse de la Chambre des Lords, la « gentry » dominait aussi les Communes grâce à un régime électoral désuet. Les 186 représentants des comtés étaient désignés par les franc-tenanciers qui exploitaient une terre rapportant un revenu de 4o shillings. Le corps électoral y était donc assez nombreux. Mais les bourgs auxquels la Couronne avait accordé le privilège d'élire deux députés formaient la grande majorité de la Chambre (467 députés). Ces bourgs étaient très inégalement répartis à la surface du territoire. La vieille Angleterre du Sud, très avantagée, était beaucoup plus fortement représentée que le Nord. Le régime électoral y variait à l'infini. La « franchise » (droit de vote) appartenait parfois à tous ceux qui payaient la « taxe des pauvres », mais elle était souvent restreinte aux membres d^une corporation privilégiée qui se recrutait par hérédité ou par cooptation, 34 « bourgs pourris » étaient d'anciens villages abandonnés, et beaucoup d'autres avaient moins de cinquante électeurs. On les appelait « bourgs de poche » parce qu'ils appartenaient à quelque riche patron. Presque partout, la « gentry » disposait de la majorité des voix. Aussi, lors des campagnes électorales, était-il rare que plus d'un candidat briguât les suffrages. Il n'y avait pas plus d'une centaine d'élections « contestées ».

L'aristocratie anglaise tenait, d'autre part, en mains radmniistration du pays que le gouvernement n'avait pas cherché, comme en France, à centraliser à son profit. Les représentants du Roi, le shérif et le « lordlieutenant » qui commandait la milice, se contentaient d'un rôle d'apparat. Le régime du « self goyern-

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