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VII. — Les affaires de Chine et de Syrie

En dehors de l'Europe, l'entente franco-anglaise permettait encore aux Anglais d'obtenir en Extrême- Orient de grands avantages. Maîtres de Singapour, ils cherchaient depuis longtemps à développer leur commerce avec la Chine. Ils lui avaient fait une première guerre pour lui imposer le trafic de l'opium et s'étaient fait concéder la possession de Hong-Kong (1839), avec l'ouverture des principaux ports (traité de Nankin, i84^). La France avait de son côté obtenu le droit d'y commercer et avait en outre assumé la protection des missions catholiques (i845).

En i858, le Cabinet anglais décida Napoléon III à une action commune pour venger les injures dont étaient victimes les missionnaires et les commerçants. Le gouvernement chinois était d'ailleurs affaibli par la révolte contre la dynastie mandchoue des Taïping, qui avaient soulevé la Chine du Sud. Les flottes franco-anglaises, forçant l'entrée du Pei-Ho, imposèrent à l'Empereur le traité de Tien-Tsin, par lequel il promettait d'ouvrir ses ports à leurs navires, de laisser leurs commerçants pénétrer dans le pays et d'assurer la liberté du culte chrétien (i858).

Mais les alliés voulaient en outre faire admettre à Pékin la présence de leurs plénipotentiaires, et l'Empereur ne pouvait pas consentir à ce sacrilège. Lorsque lord Elgin et le baron Gros arrivèrent au Petchili, îh trouvèrent barrée la route de la capitale. Il fallut envoyer un corps expéditionnaire qui, au combat de Palikao, se fraya un passage (1860). L'Empereur s'eniuit et, en juin, les Européens arrivaient devant le Palais d'Eté, qu'ils firent incendier. Le gouvernement

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chinois confirma le traité de Tien-Tsin, auquel une convention ajouta des réparations et des indemnités. Des relations régulières se trouvèrent désormais nouées entre la Chine et les puissances européennes, qui y installèrent des représentants. Tandis que la France y encourageait l'œuvre des missions, l'Angleterre y organisa le service des douanes, dont elle fit un véritable ministère financier.

Plus difficile fut la coopération franco-anglaise dans les affaires de Syrie. L'Angleterre s'y montrait jalouse de la protection que la France exerçait sur les Maronites, chrétiens de rite oriental. Elle prétendait protéger de son côté les Druses musulmans. Mais, en 1860, l'Europe apprit que les Druses, encouragés par la complicité du pacha, se livraient à d'horribles massacres. «Commencés dans les montagnes, ceux-ci continuèrent dans les villes pour s'achever à Damas, où les Turcs s'en prirent à tous les chrétiens. La France résolut d'intervenir, et l'Angleterre lui permit à contrecœur d'agir en mandataire des intérêts de l'Europe. En août, nos soldats débarquaient en Syrie, accompagnés des Commissaires des puissances, qui n'obtinrent de la Porte que des sanctions illusoires. Cependant Napoléon réunit une conférence à Paris, et, malgré la mauvaise volonté des Anglais, celle-ci établit en Syrie un gouverneur chrétien, nommé par le sultan. Le pays fut divisé en districts, pourvus d'un Conseil électif, d'une police et de tribunaux.

Avec la guerre d'Italie, le temps où la politique agressive de Palmerston pouvait réussir était passé. Dans une alliance française, elle n'aurait plus joué qu'un rôle effacé au service de la politique des nationalités que Napoléon avait adoptée. Aussi l'Angleterre réduisit-elle son intervention dans l'affaire des duchés danois, puis dans la crise polonaise, à de platoniques, protestations.

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