CHINE ET SYRIE
D'ailleurs, la politique extérieure de la Grande Bretagne n'était plus en réalité dirigée par Palmerston. Il resta premier ministre, entouré d'un grand prestige jusqu'à sa mort, en i865. Mais, dans son dernier ministère la diplomatie passa aux mains de lord Russell, tandis que Gladstone, chancelier de l'Echiquier, conquérait rapidement une influence prépondérante.
Gladstone était un libre-échangiste et un pacifiste. La prospérité des affaires, stimulées par les nouveaux perfectionnements de l'industrie métallurgique, lui fournissait chaque année des excédents budgétaires. Il en profita pour réduire de i3 à 6 pence par livre l'impôt sur le revenu, qu'il aurait bien voulu supprimer, et pour abaisser encore les droits fiscaux (il n'en restait plus de protectionnistes), qui frappaient encore l'entrée de quelques produits.
Le libre-échange triomphant en Angleterre, commençait enfin à se répandre en Europe. Cobden, qui, dans la « Peace Society » n'avait cessé de protester contre la politique de Palmerston, réussit, en 1860, à conclure avec la France un traité de commerce qui établissait entre les deux pays un régime de protectionnisme très léger. Ce succès fut suivi d'autres accords avec la Belgique et le Zollverein. Le principe de non-intervention, suivant les idées de Cobden, semblait devoir mieux réussir que le principe de contreintervention à maintenir la paix, et l'Angleterre était peu disposée à s'inquiéter des progrès menaçants de la politique bismarckienne.