CHAPITRE IV La Nouvelle-Zélande
C'est en 1839 que le gouvernement britannique résolut de fonder une colonie dans les deux îles de Nouvelle-Zélande, mais depuis la fin du xvine siècle beaucoup d'aventuriers avaient tenté d'y prendre pied. Bien des forçats échappés des bagnes d'Australie y avaient trouvé un refuge. Des marins avaient établi un point de relâche à la baie des Iles, et les efforts des missionnaires ne réussissaient pas à protéger les indigènes, Maoris, contre l'avidité d'Européens qui profitaient de leur ignorance pour se faire céder à bas prix des terres.
L'un des plus entreprenants, un Français, Charles de Thierry, n'hésita pas à se proclamer souverain de la Nouvelle-Zélande; son compatriote, Langloïs, parut plus dangereux aux Anglais qui le crurent soutenu par l;i France. Ils décidèrent d'intervenir.
Les disciples de Wakefield demandaient, d'ailleurs, à tourner aussi leur activité de ce côté. En 1839, le Parlement autorisa une compagnie fondée par eux, la <( New-Zealand C* », à faire partir 1.200 colons, et le gouverneur de Sydney envoya le capitaine Hobson dans les Iles.
Celui-ci ayant fondé à Auckland un premier établissement, conclut avec les Maoris le traité de Waitangi par lequel ils reconnaissaient l'autorité de la reine,
qui leur garantissait en retour leurs possessions. En i84o, la Nouvelle-Zélande fut érigée en colonie indé* pendante.
La compagnie, établie à Wellington, ne voulut pas respecter le traité. Pour appliquer le système de Wakefield il lui fallait disposer de terres qu'elle pût revendre aux colons. Elle se hâta de s'en procurer en négociant avec les chefs indigènes. Mais comme les Maoris ne connaissaient que le régime communal des propriétés, ils ne voulurent pas admettre que leurs chefs pussent s'en dessaisir en leur nom. Us prirent les armes et la compagnie s'indigna de voir le gouverneur leur donner raison.
Pour rétablir une situation si compromise l'Angleterre fit appel à sir George Grey qui venait de tirer de peine l'Australie méridionale. Sa fermeté ne fut pas moins utile à la Nouvelle-Zélande. Il arrêta le trafic des armes et réprima la révolte des Maoris; mais il resta fidèle au traité de Waitangi. En vain la compagnie réussit-elle à gagner l'appui de la métropole; Grey refusa d'opérer une réforme agraire qui eut lésé et irrité les Maoris. Comme ceux-ci n'étaient qu'un petit nombre dans l'île du sud il la leur acheta toute entière et les transplanta dans l'île du nord. La compagnie put ainsi trouver, autour de Canterbury, un nouveau champ d'activité.
La crise une fois surmontée, Grey obtint du Parlement la dissolution de la compagnie. La Nouvelle-Zélande comptait alors 25.ooo colons et le moment était venu de les associer au gouvernement. En i853, une législature de deux chambres, l'une nommée, l'autre élue, fut instituée; mais le gouverneur qui ne relevait encore que de la métropole, se réserva la direction des affaires indigènes.
Grey se retira, croyant son œuvre terminée. Pourtant les Maoris reprirent deux fois les armes. En 1860,.