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LA NOUVELLE-ZÉLANDE

il fallut que Grey revint, en personne, rétablir l'ordre et, en 1868, une nouvelle insurrection éclata qui dura deux années.

Mais ces troubles n'empêchèrent pas la colonie de se développer. Dès 1806 elle avait été autorisée à pratiquer le régime parlementaire avec un Cabinet responsable. L'afflux constant des immigrants portait la population blanche à 160.000 habitants en 1860. A. la fin du siècle elle dépassait 700.000. Sur ce nombre 20.000 seulement étaient d'origine étrangère; 44o.ooo étaient nés dans la colonie et 240.000 venaient de la mère patrie. Comme les Australiens les Néo-Zélandais sont des britanniques.

A leur côté les Maoris, qui ne sont guère plus de 4o.ooo, sont maintenant devenus pacifiques. Ils sont chrétiens, parlent pour la plupart l'anglais et s'habillent à l'européenne. On leur a reconnu la possession de vastes territoires où s'est conservé le régime de la propriété collective. Au Parlement siègent quatre députés Maoris, élus au suffrage universel, et les colons n'éprouvent pas à leur égard de préjugé de couleur.

La Nouvelle-Zélande a, comme l'Australie, donné le pouvoir au parti socialiste qui, à la fin du siècle, y a entrepris les mêmes expériences de réformes sociales. Mais ses habitants ont toujours refusé de s'unir à leurs \oisins. Ils n'ont pas voulu se laisser englober dans le « Commonwealth » australien et, en 1907, l'Angleterre a décidé d'ériger la Nouvelle-Zélande en dominion indépendant.

Lorsque l'Angleterre, en i8i4, décida de garder la colonie du Cap dont elle s'était emparée au cours des. guerres napoléoniennes, celle-ci comptait une vingtaine de mille hollandais, les Boers, qui l'occupaient depuis le milieu du xvne siècle. Le problème que le Colonial Office avait à résoudre était donc en un sens analogue à celui que la présence des Canadiens français posait dans l'Amérique du Nord. Mais à côté des Boers, en partie soumise par eux à l'esclavage, existait encore une population de deux millions d'indigènes de races et de conditions très diverses. Les « Hottentots » menaient l'existence pacifique de pasteurs nomades, mêlés au « Boshimans », peuplades inoffensives et dégradées, qu'ils avaient réduites en servage. Les « Caffres » étaient par contre une race guerrière venue du nord, et, parmi eux, les « Zouîous )> surtout étaient dangereux.

Les gouverneurs anglais comprirent tout de suite qu'il leur fallait se protéger de ce côté. En 1819, 5.ooo colons débarqués dans la baie d'Algoa fondèrent la province d'Albany à l'est de la colonie du Cap. Mais, à Londres, le gouvernement prêtait l'oreille aux conseils des missionnaires qui étaient tout à fait hostiles à une politique de conquête. Il fallait, à leur sens, gagner les indigènes par la douceur et les traiter eu

frères. Ils n'eurent de cesse qu'ils n'eussent arraché les Caffres aux « persécutions » des Anglais, et décidé le ministère à évacuer l'Adélaïde.

Les missionnaires ne jugeaient pas avec moins de sévérité la conduite des Boers à l'égard de leurs esclaves. Ils poussaient ceux-ci à se révolter, et finalement ils obtinrent, en i833, l'abolition de l'esclavage. L'Angleterre devait indemniser les propriétaires, mais, outre que les sommes promises couvraient à peine la moitié de leur perte, la procédure instituée était si compliquée que la plupart des Boers ne réussirent pas à les obtenir.

Alors se produisit le « Grand Trek », l'exode des Boers qui, plutôt que de continuer à vivre sous les lois britanniques, préféraient fonder ailleurs de nouveaux foyers. On vit dix mille d'entre eux s'éloigner, la pipe aux lèvres et le fusil en bandouillère, marchant à côté des charriots qui traînaient leurs familles et leurs biens. Les uns s'arrêtèrent sur les rives de l'Orange; d'autres voulurent s'établir au Natal. Bientôt le roi des Zoulous y attira leur chef dans une embuscade; mais les Boers vengèrent sa mort en battant les Zoulous qui finirent eux-mêmes par assassiner leur roi, et le boer Pretorius fonda, en i838, une république dont la capitale était Pietermaritzburg.

Son initiative déplut fort aux colons anglais qui avaient déjà pris pied sur la côte du Natal à Durban (Port Natal). Ils décidèrent la mère patrie à y envoyer des renforts. Après avoir essayé en vain de déloger les Anglais de cette position, une partie des Boers se résolut aussitôt à transporter ailleurs ses pénates. Les autres, avec Pretorius, firent leur soumission; mais une courte expérience les convainquit qu'il leur était impossible de vivre sous le joug des Anglais, et Pretorius, à son tour, reprit sa marche vers le nord.

Le gouverneur du Cap.^tlî; en i843, prononça l'an-

I B1BU0THECA J

nexion du Natal, ne se tint pas encore pour satisfait. En i848, il décida aussi d'étendre son autorité aux rives de l'Orange. Mais lord Grey, qui dirigeait à ce moment le Colonial Office comprît qu'une telle politique ne pourrait jamais mener à la paix. Sur son initiative des négociations s'ouvrirent avec Pretorius. Elles aboutirent, en 1802, à la convention de la Sand River, qui reconnaissait aux Boers la libre possession des territoires oki Transvaal. Deux années plus tard, les Anglais qui au contact des Caffres et des Banditos de l'Orange n'avaient recueilli que des déceptions, se décidèrent par la convention de Bloemfontein à reconnaître l'indépendance de l'Etat d'Orange.

Au milieu du siècle, l'Afrique australe paraissait avoir achevé sa croissance. Entre les deux républiques boers du Transvaal et de l'Orange et les deux colonies anglaises du Cap et du Natal (car, en i856, le Natal fut érigé en colonie distincte) un équlibre stable aurait peut-être pu s'établir. Les colonies bénéficièrent au moins d'une période de tranquillité.

Au Cap, de nouveaux arrivants avaient en peu de temps comblé le vide créé par le Grand Trek. Au Natal, où les Zoulous vaincus par Pretorius n'essayaient pas de reprendre les armes, l'afflux des immigrants fut tel que les colons y furent bientôt plus nombreux qu'au Cap, et l'emploi d'ouvriers hindous, remplaçant la main-d'œuvre insuffisante des indigènes, fit prospérer les plantations de sucre. Aussi l'Angleterre jugea-t-elle le moment venu d'établir dans les deux colonies un gouvernement représentatif, comprenant pour chacune d'elles un Conseil et une Assemblée, tous deux élus par le peuple. Le droit de vote était attaché su un cens électoral très modéré, sans distinction entre blancs et noirs (i853-i856).

L'Angleterre aurait voulu aller plus loin et donner déjà aux colonies des gouvernements responsables;

mais elle ne pouvait le faire aussi longtemps que, pour les protéger, elle devait y maintenir des troupes impériales. N'était-il pas possible de ménager avec les Boers une réconciliation complète qui lui permettrait de rappeler ses soldats?

Ce fut à sir George Grey, qui avait ses preuves en Australie et en Nouvelle-Zélande, qu'elle fit appel pour réaliser ce programme. Mais celui-ci proposa un plan plus audacieux qu'elle ne l'avait prévu. Grey comprit, dès ce moment, qu'il faudrait en venir à englober républiques et colonies dans une même fédération où chaque Etat jouirait d'une large autonomie.

Peut-être était-il trop tôt pour s'engager dans cette voie? Les Boers y étaient mal préparés; l'Angleterre pacifique ne voulait plus se mêler de leurs affaires, et les colons ne rêvaient au contraire que conquêtes à leurs dépens. En 1859, Grey découragé se retira. Mais quelques années plus tard, l'Angleterre, à bout de patience, annonça qu'elle allait retirer ses troupes et ne laisserait plus les colonies annexer de nouveaux territoires tant qu'elles n'auraient pas adopté le régime de gouvernements responsables. Les colons cédèrent et, en 1872, acceptèrent à contre cœur leur liberté.

Le ministère Gladstone, qui leur imposait cette réforme, aurait pu prévoir qu'après vingt années de paix une ère de troubles approchait. Les colonies trouvaient la prospérité de l'Orange dangereuse pour ses voisins, et l'anarchie qui régnait au Transvaal les inquiétait également. Dans les deux Etats elles pensaient qu'il était temps d'intervenir.

En 1871, à l'appel des Bassoutos que l'Orange menaçait, les Anglais avaient étendu sur ce pays leur protectorat. La même année on découvrait à Kimberley des mines de diamants dont l'Orange et le peuple des Grikhas revendiquaient à la fois la possession. Le gouvernement du Cap prit aussitôt parti pour ces derniers,

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mais s'empressa d'étendre la suzeraineté britannique à leur territoire.

Entre temps les Boers du Transvaal semblaient de moins en moins capables de résister aux agressions de leurs voisins. Parmi eux les Zoulous, qui, sous un nouveau roi, redevenaient belliqueux, étaient les plus redoutables. Les colonies jugèrent que la faiblesse du Transvaal était un danger pour toute l'Afrique australe, et lord Beaconsfield, premier ministre, entra dans leurs vues.

Par son ordre un commissaire anglais vint s'établir au Transvaal sous le prétexte d'y mener une enquête, et brusquement il en décréta l'annexion (1877). Les troupes britanniques après une dure campagne réduisirent les Zoulous à l'obéissance et leur imposèrent un protectorat, mais elles eurent moins de succès en essayant d'administrer militairement le Transvaal. En 1880, Paul Kriiger, patriote ardent et paysan adroit, prit les armes, et à Majuba Hill il infligea aux Anglais un sanglant échec (1881). Gladstone, qui venait de reprendre le pouvoir ne jugea pas devoir le venger; fidèle à ses convictions pacifiques il décida d'évacuer le territoire des Boers, et la convention de Pretoria reconnut leur indépendance (1881).

La décision de Gladstone était-elle sage? Au dire des Anglais, le Transvaal y vit un aveu de faiblesse, et l'incohérence de la politique britannique le poussa à étendre autour de lui sa puissance. Mais les colonies, d'autre part, prirent à tâche de refouler ses ambitions, et leur activité convainquit les Boers qu'elles suivaient un plan méthodique dont le but était de les étouffer.

En i883, les Boers envahissaient le Bechunaland où depuis longtemps les missionnaires travaillaient à exciter contre eux les indigènes. Mais les Anglais ripostèrent en annexant une partie du pays et en étendant leur protectorat sur le reste. Les Boers tournèrent

alors let yeux vers le pays des Zoulous où ils entreprirent de former un république nouvelle. L'Angleterre s'y opposa de nouveau et transforma le Zoulouland en protectorat (1886).

A ce moment parut sur la scène l'énergique personnalité de sir Cecil Rhodes. Le « Napoléon du Gap » était condamné comme phtysique quand, à dix-huit ans, il arriva dans la colonie avec les premiers chercheurs de diamants. Devenu, en 1888, agent britannique dans le pays des Matabélés il obtint de leur roi l'engagement de ne pas céder de territoire à une puissance étrangère. L'année suivante il fondait une compagnie destinée à coloniser et exploiter la région s 'étendant au nord du Transvaal. Le gouvernement britannique lui accordait une charte qui donnait le nom de Rhodésia à ce nouveau territoire.

L'avance anglaise vers le nord pouvait encore être arrêtée par les Portugais établis sur les côtes du Mozambique et de l'Angola. Mais le traité de 189 1, en délimitant les frontières des deux colonies, obligea le Portugal à céder aux Anglais l'intérieur du continent. Les Matabélés, essayant trop tard d'échapper à la conquête, furent réduits à l'obéissance, et la compagnie se mit à pousser rapidement la voie ferrée jusqu'au Zambèze.

Les Boers se trouvaient dès lors encerclés, et, au même moment, la découverte de riches gisements d'or dans le Witwaterland/près de Pretoria, faisait pénétrer dans la république un flot d'aventuriers (1888). Une ville de plus de ïoo.000 habitants s'édifia rapidement à Johannesburg. En peu de temps les nouveaux venus, les « Uitlanders », devinrent plus nombreux que les Boers. Beaucoup plus riches, ils payaient les neuf dixièmes des impôts.

Sous le gouvernement patriarcal du président Krûger, le Transvaal refusa obstinément de leur accorder

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les droits de citoyens. Les Boers ne voulaient pas être submergés par les immigrants. Mais ceux-ci se préparèrent à obtenir satisfaction par la force.

Ils y furent encouragés par Cecil Rhodes qui, conti* nuant sa brillante carrière, était alors devenu premier ministre de la colonie du Cap. Il avait réussi à désarmer l'hostilité de la population d'origine hollandaise qui formait encore la moitié des habitants du Cap. Mais Rhodes avait en tête d'autres ambitions. Grand homme d'affaires, il présidait également la compagnie de Beers qui avait rapidement accaparé toutes les mines de diamants de Kimberley, et il avait encore acquis une place prépondérante dans l'exploitation du Witwaterland. L'homme d'Etat, pacifique et modéré au Cap, poursuivait en Rhodésia ses projets de conquête. Il avait formé le rêve grandiose d'ouvrir du Cap au Caire une voie aux soldats et aux commerçants anglais.

A son instigation, le docteur Jameson, avec une petite troupe, franchit la frontière du Transvaal, comptant que les Uitlanders prendraient les armes à son appel. Son raid échoua piteusement. Capturé par les Boers, il fut remis entre les mains de la justice britannique (1896).

Le Gouvernement royal n'avait eu aucune part à ce complot, mais Chamberlain, qui occupait le ministère des colonies, voulut néanmoins obtenir pour les Uitlanders satisfaction. Il chargea sir Alfred Milner, en qualité de haut commissaire, de négocier avec Kriïger. Le président offrit de reconnaître aux étrangers après sept ans de séjour la qualité de citoyen. Mais il ne croyait plus un compromis possible. L'Angleterre était alors entraînée par une vague d'impérialisme et ses troupes étaient déjà en route pour le Cap. En octobre 1899 Kruger prit l'initiative de lui déclarer la guerre,

<et Steiv, président de la république d'Orange, fit cause commune avec lui.

La lutte fut beaucoup plus dure que les Anglais ne lavaient prévu. Elle débuta pour eux par de sanglants échecs. Les Boers avaient pris l'offensive au Natal; sir Revers Buller tenta pour débloquer Ladysmith une offensive désastreuse. Près de l'Orange, les Boers étaient venus assiéger Kimberley, et lord Methuen, marchant à son secours, se fit battre à Magersfontein. L'Angleterre comprit alors qu'elle n'aurait pas la victoire sans y consacrer toutes ses ressources. Les volontaires s'offrirent en masse. Plus de 200.000 hommes s'embarquèrent, et lord Roberts, ayant Kitchener pour chef d'état-major, prit leur commandement.

En février 1900 le sort tourna. La cavalerie anglaise, conduite par sir John French, obligea par un mouvement tournant l'ennemi à lâcher Kimberley, tandis que Buller finissait à grand prix par dégager Ladysmith. En mai, l'Orange était conquise, et Roberts, pénétrant au Transvaal, occupait Johannesburg puis Pretoria, la capitale. L'avance de l'armée du Natal acheva la victoire. Le Ier septembre 1900, l'Angleterre proclamait l'annexion du Transvaal.

Les Boers n'avaient pu résister aux effectifs et surtout aux armements des Anglais; mais ils prolongèrent encore longtemps une guerre de surprises, de raids et d'embuscades. L'Europe se passionna pour les aventures de Cronje, l'un de leurs chefs, qui finit par être encerclé et contraint sous un déluge de fer de capituler à Paardeburg. Pour venir à bout des « commandos » ennemis, Kitchener couvrit le pays de blockhaus reliés par des fils de fer barbelés. Il enferma les femmes et les enfants dans des camps de concentration où beaucoup périrent. Les Boers furent enfin obligés de se soumettre.

Krûger s'était décidé à partir pour l'Europe où le

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vieillard chercha inutilement à entraîner la France et l'Allemagne à le secourir. Ce fut donc avec les généraux boers que l'Angleterre finit par traiter. Le 3i mai 1902, ils signèrent la paix qui faisait d'eux des sujets britanniques.

Pendant ces sombres années, les Anglais avaient eu le temps de songer à l'avenir. Impitoyables jusqu'à la victoire, ils étaient prêts au jour de la paix à se montrer généreux. Le traité accorda aux Boers pour relever leurs fermes une somme de trois millions de livres. On leur facilita des emprunts. Leuri républiques devinrent des colonies de la Couronne, mais, au bout de cinq ans, elles eurent, comme les colonies anglaises, des législatures et des ministères responsables, et l'on vit le général Botha, l'un des héros de la résistance, diriger le Cabinet du Transvaal.

Il ne devait pas tarder à devenir même Premier Ministre de l'Afrique australe toute entière, car le dernier effet de la guerre sud-africaine fut de décider les colonies à former entre elles une « Union ».

Lord Milner en fut le principal artisan. Il obtint, en 1903, la conclusion d'une union douanière, et contribua beaucoup ainsi à gagner le Transvaal qui, pratiquant seul le libre échange, se voyait encerclé de voisins protectionnistes. En 19O9, une Convention de délégués des colonies s'assembla au Cap, et l'acte créant l'Union sud-africaine, voté la même année, fut mis en vigueur en 1910.

L'Union se distingue des Fédérations établies dans les autres Dominions en ce que l'autorité suprême ne réside pas dans son texte constitutionnel, mais reste dans les mains de son Parlement; celui-ci peut annuler les décisions prises par les conseils des colonies et, à la majorité des deux tiers, amender la constitution commune.

L'Union, d'autre part, jouit d'une pleine indépen-

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dance à l'égard de la mère patrie. Le gouverneur général qui la représente n'agit que par l'intermédiaire d'un Cabinet responsable devant deux Assemblées. Ces institutions libérales permettent aux Bocrs et aux Anglais de vivre côte à côte dans l'Union Fédérale. A l'égard des noirs, il n'existe pas de préjugé de couleur. Les- 3 millions et demi de noirs et les 700.000 blancs qui, à la fin du xixe siècle, habitaient l'Afrique australe, étaient égaux devant la loi; mais les conditions de fortune et d'instruction auxquelles était attaché le droit de suffrage, assurait encore aux blancs une grande majorité parmi les électeurs.

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