‹ Histoire du monde (volume 3)Chapitre 34 sur 65 · CHAPITRE VII L'Inde · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII L'Inde

Avec la naissance des dominions l'extension de l'autorité britannique aux 277 millions d'habitants qui peuplaient, en 1901, la péninsule de l'Inde est le fait le plus important de l'histoire de l'Empire au xixe siècle. Depuis le tratié de Paris (1763) la compagnie anglaise des Indes orientales avait pris son essor sous les gouvernements de R. Clive et de W. Hastings. Mais à la fin du xvur9 siècle, en dehors de la province de Bengale, elle n'avait encore fondé des établissements que sur la côte des Circars, à Madras et à Bombay. L'île de Ceylan, enlevée en 1795 aux Portugais, formait une colonie de la Couronne qui jusqu'à nos jours est restée séparée du gouvernement de l'Inde.

La vraie conquête commença pendant les guerres napoléoniennes pour combattre la propagande française, et le marquis de Wellesley en fut le promoteur. Il obligea le roi, du Deccan à licencier son armée, battit le souverain du Mysore, Tippu Sahib, qui fut tué en défendant sa capitale et remplacé par une dynastie obéissante. Avec ces deux états, le Tanjore et le Cranatic, les Anglais s'établirent solidement dans la Présidence de Madras.

Wellesley intervint, d'autre part, dans les querelles qui mirent aux prises entre eux les Mahrattes, féodalité militaire dont les membres avaient formé

l/lNDE 115

dans le centre de l'Inde un groupe de petits états. La compagnie qu'inquiétait l'activité conquérante de son gouverneur décida son rappel, mais le marquis de Hastings, son successeur, acheva son œuvre. Un soulèvement général des Mahrattes l'amena, en 1818, à leur imposer le protectorat angais, que leurs voisins du Radjputana prirent alors l'initiative de demander aussi. Le chef de la confédération des Mahrattes, le Peshva, fut déposé et l'annexion de Poona, son territoire, suivant celle de Surat opérée par Wellesley, fortifia la domination anglaise au nord de Bombay.

Mais le principal centre de la compagnie était encore au Bengale. Ses gouverneurs ne se proposèrent, d'abord, que d'en protéger les frontières. Le sultan d'Oudh, ami des Anglais, avait par une administration déplorable laissé tomber son royaume dans une dangereuse anarchie. Wellesley décida d'annexer une partie de son territoire et d'imposer dans le reste une politique de réformes. Une invasion des Gurkas du Népal, pénétrant jusqu'aux rives du Gange, amena lord Hastings à s'emparer de Simla. Enfin, lord Amhurst eut à s'occuper des Birmans qui, depuis qu'ils avaient conquis l'Assam, étaient devenus menaçants. Une longue campagne leur enleva, en 1828, cette province.

Douze années de paix séparèrent alors les débuts de la conquête d'une nouvelle période d'expansion. Ce fut, cette fois, dans la région de l'Indus que l'Angleterre étendit son influence. Si l'autorité du Grand Mogol y était devenue négligeable, les Sikhs avaient formé dans le Pendjab une puissance redoutable, et dans le Sind existait une féodalité vassale de l'émir d'Afghanistan. Celui-ci, Dost Mohammed, semblait disposé à servir les ambitions de la Perse et de la Russie qui venaient de conclure avec lui une alliance (i837).

116 LE MONDE ANGLO-SAXON AU XIXe SIÈCLE

Le gouverneur de la compagnie, lord Auckland v estima qu'une prompte riposte était nécessaire. Il lit occuper à Kahel et Kandahar les passages de la montagne. Dost Mohammed fait prisonnier, fut remplacé par un émir docile aux Anglais. Mais cette politique suscita une révolte des Afghans. Le conseiller anglais qui avait été placé près du nouvel émir fut assassiné, et lord Auckland, découvrant trop tard que ses troupes étaient en péril, ordonna la retraite. Elle s'acheva en désastre. Une colonne anglaise de o.ooo soldats qui avait quitté Kahel en décembre i84i, périt toute entière. Il fallut évacuer aussi Kandahar et se résigner à laisser Dost Mohammed reprendre le pouvoir.

Une courte expédition libéra les Anglais qui avaient été retenus en otages, mais ne suffit pas à relever le prestige de la compagnie auprès des peuples de l'Indus. La promptitude de sir Charles Napier réussit à prévenir la révolte du Sind dont les chefs se reconnurent vassaux de la compagnie; mais pour réduire le Pendjab il fallut deux guerres sanglantes. Les Sikhs y avaient mis sur pied, avec l'aide d'officiers européens, une armée de 60.000 hommes qui, en i845, prit l'offensive. Le général Gough dut livrer trois batailles très dures avant de pouvoir arrêter les envahisseurs. Un dernier combat les décida à la retraite et même à accepter le protectorat anglais. Mais ils ne se tenaient pas pour battus et, en i848, renouvelèrent leur attaque. Gough, d'abord vaincu, obtint finalement, un succès décisif à Gujerat. où l'artillerie anglaise écrasa l'armée ennemie. En 18/19, l°ra* Daîhousie proclama l'annexion du Pendjab. Sir Henry Lawrence et son frère John allaient en peu de temps réussir à pacifier le pays et à transformer les Sikhs en sujets loyaux de la compagnie.

Lord Daîhousie sortit de cette lutte persuadé qu'il fallait pratiquer une politique rigoureuse de conquêtes

l'inde 117

ïl eut tout de suite l'occasion de l'appliquer en Birmanie où les marchands anglais étaient exposés à de continuelles vexations. En i85i-52, une campagne ouvrit au commerce le cours de l'Irawaddi et conquit la province du Pegu où le port de Rangoon allait prendre un rapide essor.

Plus critiquable fut la décision par laquelle Da- Ihousie, voulant mettre fin à l'anarchie qui persistait dans l'Ondh, en décréta brusquement l'annexion (i856). Le sultan de Lucknow était un souverain cruel et corrompu, mais s'était toujours montré l'allié des Anglais, et sa déposition brutale inquiéta les mitres princes qui avaient de même fidèlement servi la compagnie.

Lord Dalhousie les irrita davantage en déclarant que l'héritage de toutes les dynasties qui viendraient à s'éteindre échoirait à la compagnie. C'était méconnaître la pratique courante des adoptions. D'après ce principe lord Dalhousie mit la main sur plusieurs états mahrattes, et osa même annoncer que le vieil empereur mogol n'aurait pas de successeur.

Cette politique contribua à provoquer la crise violente dans laquelle, un an après son départ (i856), tout l'édifice de la colonisation britannique faillit s'écrouler. Les causes de la révolte de 1857 sont pourtant nombreuses et complexes. Ce fut une explosion de fanatisme indigène contre l'envahissement d'une civilisation étrangère, la construction de voies ferrées, la mise en vigueur d'une législation contraire aux usages consacrés, contre la propagande parfois indiscrète des missionnaires chrétiens. Peut-être la Russie qui sortait de la guerre de Crimée n'y fut-elle pas non plus étrangère. En tout cas l'incident qui fit éclater la révolte fut la distribution aux soldats de cartouches enduites de graisses de porc et de vache,

animaux sacrés pour les brahmanes comme pour les musulmans.

Le mécontentement des Hindous n'aurait pas été dangereux s'il ne s'était propagé dans les rangs des soldats. Les troupes qui occupaient l'Inde étaient en grande majorité recrutées dans le pays. L'armée comptait plus de 3oo.ooo soldats indigènes, les « cipayes », et seulement 3o.ooo européens. Les officiers britanniques dont beaucoup étaient âgés et routiniers, vivaient à l'écart de leurs hommes. De nombreux actes d'indiscipline ne suffirent pas à leur ouvrir les yeux. Aucune mesure de précaution n'avait été prise lorsque, le 10 mai 1857, les régiments casernes à Meerut se soulevèrent, massaprant leurs chefs, et, sans être poursuivis, allèrent s'emparer de Delhi où ils se fortifièrent.

L'insurrection se répandit presque aussitôt dans la plaine du Gange. Le Pendjab que gouvernait sir John Lawrence ne bougea point. Dans le sud, le Nizam resta loyal; Madras et Bombay ne furent pas inquiétés. Mais l'Oudh devint la proie des révoltés, et le Bengale» qui se trouvait démuni de troupes anglaises, fut en grand péril.

Le gouverneur, lord Canning, qui s'était laissé surprendre, ne perdit point son sang-froid. Evitant les violences inutiles il se hâta de rassembler des renforts. Mais l'énormité des distances ne permit pas une prompte répression.

Entre temps, à Cawnpore, la garnison anglaise assiégée par Nana Sahib, le fils adoptif du Peshva, capitula sur la promesse qu'elle pourrait s'embarquer pour rentrer au Bengale. Mais les soldats furent massacrés; les femmes et les enfants enfermés dans une étroite prison, y furent ensuite mis à mort.

A Lucknow, sir Henry Lawrence périt en défendant la résidence au milieu de la ville en révolte, et ses

L'ixNDE 119

compagnons y soutinrent un long siège jusqu'à l'arrivée de Havelock qui, au prix d'efforts héroïques, parvint en novembre à les secourir. La petite armée restée devant Delhi s'y maintint dans des retranchements improvisés, et l'arrivée de troupes venues du Pendjab lui permit, en septembre, d'attaquer la ville. Elle y pénétra par trois brèches et, rues par rues, réussit à s'avancer jusqu'aux palais du Mogol.

Après la prise de Delhi et la délivrance de Lucknow une résistance sporadique se prolongea encore pendant plus de six mois. Nana Sahib fut enfin traqué dans les montagnes du Népal où il disparut mystérieusement. Dans le sud, les soldats de Madras et de Bombay vinrent à bout de la Rhani du Yhansi-, l'un des états mahrattes dont Dalhousie avait prononcé l'annexion. La princesse fut tuée en chargeant à la tête de ses dernières troupes (juin i858).

De cette crise, les Anglais tirèrent la leçon qu'un si vaste empire ne pouvait plus être gouverné par une compagnie de commerçants. Le Parlement par l'acte de i858 transféra les possessions et les privilèges de la compagnie à la Couronne. Les affaires de l'Inde furent confiées à un secrétaire d'état, membre du Cabinet, et une proclamation de la Reine annonça aux Hindous qu'ils seraient désormais gouvernés en son nom par un vice-roi. Elle promettait d'observer tous les engagements pris par la compagnie, de ne pas porter atteinte aux honneurs et privilèges des princes hindous et de respecter les croyances religieuses de ses sujets.

L'Angleterre avait alors la ferme intention de ne pas étendre davantage ses possessions dans la péninsule. Elle se trouva pourtant entraînée dans le dernier quart du siècle à reprendre une politique de conquêtes. Malgré les conseils de sir John Lawrence qui fut l'un des premier vice-rois, malgré l'opposition de

120 LE MONDE ANGLO-SAXON AU XIXe SIÈCLE

Gladstone, elle se rangea à l'avis de lord Beaconsfield qui recommandait de donner à l'Inde une frontière scientifique. Les progrès de la colonisation russe l'y décidèrent.

En Afghanistan Sher Ali, fils de Dost Mohammed, s'était d'abord montré favorable aux Anglais. Il attendait d'eux qu'ils le protègent contre les ambitions des Russes. Mais l'Angleterre refusa longtemps de s'engager à le soutenir et découragea ses avances. Ce fut seulement lorsque Beaconsfield eut repris le pouvoir et qu'une crise balkanique l'eut mise aux prises avec la Russie que l'Angleterre à son tour rechercha son alliance. Il était trop tard. L'émir avait désormais tourné ses regards du côté russe et refusa de laisser s'établir une mission britannique à Caboul. Le viceroi, lord Lytton, qui partageait les vues impérialistes du Premier Ministre, décida de l'y contraindre. Ses troupes envahirent l'Afghanistan, et Sher Ali s'enfuit au Turkestan. Il y mourut bientôt sans avoir pu décider la Piussie, devenue pacifique après le Congrès de Berlin, à embrasser sa cause. Les Anglais installèrent auprès de son fils Jakub Khan un conseiller politique.

L'opposition parlementaire avait prédit que cette expédition aurait le même sort que la précédente, et la suite des événements lui donna raison. Bientôt les Afghans se soulevèrent, et le conseiller anglais fut tué sans que Jakub Khan eût cherché à le protéger. Il fallut que les troupes anglo-hindoues reprennent le chemin de Caboul. Une dure campagne où l'habileté du général Roberts évita seule un désastre, aboutit à la punition des assassins et à l'envoi de Jakub Khan, prisonnier, aux Indes. Mais Gladstone, reprenant à ce moment le pouvoir, ne voulut pas ratifier cette politique de conquête. Il évacua l'Afghanistan et se contenta d'établir le protectorat anglais sur le Bélouchis-

l'inde 121

tan, en maintenant des troupes dans le passage de Bolan qui conduit à Kandahar.

Un neveu de Sher Ali, Abdur Rahman, s'établit alors sur le trône de Caboul; son astuce et son énergie en décourageant les ambitions de ses voisins, servit la politique d'abstention de Gladstone. Mais à la fin de son ministère une nouvelle avance des Russes faillit obliger le vieillard pacifique à la guerre. Après s'être emparés de Khiva (1873), les Russes s'avancèrent, en i884, jusqu'à Merv sur la frontière nord de l'Afghanistan. Les protestations de l'Angleterre décidèrent heureusement le tzar à conclure un accord qui délimita la frontière (1885-87).

La colonisation russe en Turkestan restait pourtant une menace pour l'Inde. Le chemin de fertranscaspien s'avançait jusqu'à Merv et, par Samarkand et Tachkent, se rattachait au réseau européen. En 1892, les troupes russes occupaient le Haut-Pamir. L'Angleterre riposta en étendant son protectorat sur le Petit- Pamir et en occupant la passe de Tchitral qui mène du Pamir au Pendjab (1896). Elle surveillait en même temps l'effort des Russes au Thibet où une expédition anglaise allait, en 1904, pénétrer jusqu'à Lhassa. La mort d' Abdur Rahman décidait d'autre part le viceroi, lord Curzon, à créer une « province frontière de l'ouest )> destinée à couvrir la région de l 'Indus.

A la fin du siècle, l'Angleterre avait réussi à écarter l'influence russe de l'Afghanistan. Il n'en était pas de même en Perse où les agents du tzar étaient en train de mettre la main sur les finances, les douanes et l'armée. Mais la formation de la Triple Entente permit, en 1907, de mettre fin à la rivalité anglo-russe en Asie par un accord qui divisa la Perse en deux zones d'influence. L'Angleterre abandonna à sa rivale la plus grande partie du royaume, mais se réserva la ré-

122 LE MONDE ANGLO-SAXON AU XIXe SIÈCLE

gion qui commande le détroit d'Ormuz, nécessaire pour assurer la sécurité de l'Inde.

L'établissement de la France au Tonkin avait, entre temps, décidé l'Angleterre à achever la conquête de la Birmanie. En 1886, le roi de Birmanie fut déposé, et l'annexion de ses territoires étendit les possessions britanniques jusqu'au Mékong.

L'Angleterre était ainsi parvenue à écarter toute menace d'invasion de l'immense empire qu'elle s'était réservé. Il lui fallait, en outre , développer ses ressources et transformer les princes et les peuples qui l'habitaient en sujets loyaux de la Couronne.

Depuis i853 la voie ferrée avait fait son apparition dans la péninsule et, un demi-siècle plus tard, elle s'y étendait sur près de 5o.ooo kilomètres, traversant toute la plaine du Gange pour pénétrer jusqu'à Kandahar. De vastes travaux d'irrigation avaient fertilisé la région du nord-est où les pluies sont insuffisantes. L'Angleterre n'avait pu maîtriser le fléau de la famine qui, en 1899, fit encore quatre millions de victimes. Par l'irrigation, les progrès des transports, la fondation d'une caisse de secours elle en avait au moins atténué les ravages.

L'agriculture se développait, faisant de l'Inde, en dehors des périodes de crises, l'un des grands pays fournisseurs de riz, de blé, de jute et de coton; en outre l'industrie textile avait commencé à prospérer dans la région de Bombay.

L'Angleterre avait, dès i854, entrepris d'instruire la population par l'organisation d'un enseignement primaire. Cependant, à la fin du siècle, les écoles n'attiraient encore qu'une petite partie de la population et l'instruction donnée à l'élite dans les Universités resta insuffisante jusqu'à la réforme de lord Curzon en 190/i.

Aussi l'Angleterre n'osait-elle pas encore associer les

l'inde 123

indigènes à l'œuvre du gouvernement. Le régime institué après la suppression de la compagnie fut à peine modifié jusqu'à la fin du siècle. Si, en 1876, la reine Victoria fut proclamée Impératrice des Indes, elle ne devînt pas souveraine d'un empire indépendant. Le gouvernement resta entre les mains de fonctionnaires anglais. Le vice-roi qui le dirigeait était assisté d'un conseil exécutif de cinq ministres et d'un conseil législatif qui ne comprenait qu'un petit nombre de membres, tous dirigés par lui. Celui-ci n'avait d'ailleurs qu'une compétence consultative. Les cinq provinces (Bengale, Madras, Bombay, Pendjab et Nord- Ouest) avaient une organisation analogue.

Les hindous n'intervenaient qu'aux premiers échelons de l'administration locale. L'Angleterre avait respecté le groupement de la population, en grande majorité rurale, en villages en organisant des conseils de canton et d'arrondissement en partie élus. Si les indigènes avaient accès aux postes inférieurs de l'administration, tous les hauts fonctionnaires étaient recrutés par un concours qui avait lieu en Angleterre. Ils étaient anglais et vivaient à l'écart de la population.

Celle-ci commençait à réclamer le droit de se gouverner elle-même. Ses vœux s'exprimaient par la presse et par un Congrès national qui, depuis i884, réunissait chaque année l'élite de ses représentants. Elle demandait, d'une part, des libertés politiques. De l'autre, elle estimait que l'Angleterre était moins occupée de l'enrichir que de l'exploiter. C'est l'Inde qui faisait les frais de l'armée et des expéditions entreprises pour consolider ses frontières. L'Angleterre, enfin, se montrait jalouse de ses progrès industriels et ne voulait pas lui permettre d'opposer une barrière douanière à l'invasion des cotonnades du Lancashire. La naissance de ce mouvement nationaliste indiquait que le problème de la colonisation de l'Inde

124 LE MONDE ANGLO-SAXON AU XIXe SIÈCLE

était encore loin d'être résolu. Les 80.000 Anglais qui l'occupaient ne maintenaient leur autorité sur une population de 277 millions d'indigènes qu'en opposant les musulmans aux hindous, en profitant des divisions de races et de religions. Ils ne pouvaient, cependant, éviter plus longtemps de les faire participer au gouvernement de leur empire.

Page 1