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Le Texas et le Mexique

Dans l'héritage de Jackson figurait cependant le germe d'une crise financière dangereuse. La fièvre de

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spéculation qui régnait dans l'Ouest la rendait inévitable, mais la politique de Jackson n'y fut pas non plus étrangère. Dans sa lutte contre la banque fédérale il avait fait distribuer aux banques des Etats l'excédent produit par les droits de douane qu'on ne pouvait réduire au delà des limites fixées en i832. Il avait ordonné, d'autre part, que dans les achats de terres, les paiements fussent opérés en monnaie métallique. Mesures imprudentes qui, en 1837, précipitèrent la panique. Van Buren y fit face avec énergie sans vouloir rendre à la banque fédérale les privilèges que Jackson lui avait enlevés. Mais son autorité en sortit diminuée et, en i84o, il ne put se faire renouveler son mandat.

L'élection de Harrison donnait le pouvoir aux whigs qui se hâtèrent d'appliquer à leur profit le système des dépouilles. Henry Clay comptait diriger sans peine le vieux général que son parti lui avait préféré comme candidat parce que, moins connu, il avait moins d'adversaires. Mais Harrison ne put résister à l'assaut de ses amis quémandeurs de places. Il mourut au bout de quelques mois. Avec l'avènement du vice-président Tyler, nouvel espoir et nouvelle désillusion. Clay fit voter par le Congrès un bill rétablissant la banque fédérale; un veto présidentiel l'arrêta. Tyler secouait le joug. Tous les membres du cabinet whig donnèrent leur démission et une Convention du parti déclara rompre toutes relations avec Tyler. Le Président tint le coup et fit appel aux partisans de Jackson pour reformer son cabinet. Les whigs se trouvèrent confinés dans un rôle de critiques impuissants, car l'œuvre de Jackson était encore trop populaire pour qu'on pût la détruire. Mais les Etats-Unis allaient se trouver entraînés à une nouvelle avance vers l'ouest qui devait réagir sur la situation des partis en mettant en conflit les Etats du Sud et du Nord.

Depuis i835 les habitants du Texas s'étaient insurgés contre la domination du Mexique. Battant les troupes envoyées pour les soumettre, faisant leur chef Santa Anna prisonnier, ils lui avaient imposé un traité (à San Jacinto, i836) qui reconnaissait l'indépendance du Texas jusqu'au Rio-Grande. Les insurgés étaient tout disposés à entrer dans l'Union fédérale et leur cause éveillait aux Etats-Unis de vives sympathies. Le Sud était naturellement en faveur d'une extension qui, cette fois, s'opérait à son profit. Le nouvel Etat serait esclavagiste et, pour cette raison, le Nord envisageait avec méfiance son admission.

Mais pouvait-on laisser passer l'occasion d'une acquisition si profitable ? Le pouvait-on surtout alors que le Texas commençait à tourner ses regards d'un autre côté et à rechercher l'appui de la Grande-Bretagne? Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne se trouvaient au même moment en conflit aux deux extrémités de la frontière canadienne. La frontière mal délimitée du Maine était le sujet de négociations difficiles, et l'Etat du Maine avait fait expulser de nombreux colons venus du Nouveau Brunswick s'établir sur son territoire. En 1842, Webster, secrétaire d'état du président Tyler, réussit heureusement à conclure avec l'ambassadeur britannique, Ashburton, un traité qui attribuait aux Etats-Unis plus de la moitié de la région contestée.

Plus délicate était la question de l'Orégon dont les deux puissances revendiquaient la possession et qui vivait depuis vingt ans sous le régime d'une occupation commune. L'Angleterre voulait reporter la frontière au fleuve Colombia, tandis que les Etats-Unis prétendaient étendre jusqu'au Pacifique la ligne du 4ge degré, arrêtée en 1818 aux Rocheuses. Les habitants du Missouri se passionnaient pour cette cause,

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et les Etats du Sud faisaient chorus avec eux pensant entraîner en même temps l'annexion du Texas.

L'élection de i844 se fit sur ce terrain. Tyler, en dehors des partis, abandonna l'espoir d'une nouvelle présidence. Les démocrates écartèrent Van Buren, que ses attaches avec le Nord rendaient hostile au Texas, pour reporter leurs suffrages sur James Polk du Tennessee, et Clay, qui, cette fois, portait la bannière des whigs, fut battu parce qu'il ne se prononçait pas en faveur de l'annexion.

Dès que la victoire de Polk fut connue, le Congrès invita le Texas à entrer dans l'Union. L'admission du nouvel Etat fut déclarée en i845. La question de l'Orégon fut résolue l'année suivante. Décidé à en finir, Polk avait proposé au Congrès de mettre fin à l'occupation commune et de construire des forts à la frontière du 4oe degré. L'Angleterre, pour éviter un conflit, renonça à ses prétentions.

Le Mexique n'imita pas cette modération. Il ne voulut pas reconnaître l'extension du Texas jusqu'au Rio Grande et il attaqua les troupes américaines qui surveillaient la frontière. Mais le général Zachary Tailor, qui les commandait, prit alors l'offensive. Après avoir été menacé un moment par des forces supérieures, il remporta . à Buena Vista une brillante victoire. Un corps expéditionnaire débarqué à Vera Cruz s'avança jusqu'à Mexico et la prise de leur capitale décida les Mexicains à signer la paix.

Le traité de Guadeloupe Hidalgo (2 février i848) ne donna pas seulement le Texas aux Etats-Unis. Il obligea en outre le Mexique à leur céder pour quinze millions de dollars le Nouveau Mexique et la Californie. Pendant la guerre, des bandes d'aventuriers étaient venues des Etats de l'Ouest prendre possession de ces énormes étendues, avant même l'arrivée des troupes fédérales envoyées pour les conquérir. Les

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