COMPROMIS DE
il devint bientôt impossible de pratiquer une politiqe du 'atermoiements. En i848, il fallut régler le sort de l'Orégon qui devint un territoire libre, et, tout à coup, la découverte de l'or en Californie y attira un flot d'immigrants qui, dès 1849, demandèrent à former dans l'Union un Etat sans esclaves.
Le Sud prit une attitude menaçante. Alors Clay voulut tenter une dernière fois de ménager un accord. En i85o, il exposa au Sénat les bases sur lesquelles on pourrait le réaliser : la Californie deviendrait un état libre, mais le Congrès renoncerait à prohiber l'esclavage dans les territoires de l'Utah et du Nouveau Mexique dont les habitants décideraient plus tard de quel côté ils voulaient se ranger. Une loi nouvelle faciliterait, en outre, la poursuite et la reprise des esclaves fugitifs. Calhoun, répondant à Clay, fît à la veille de sa mort une suprême profession de foi. Il rappela les progrès accomplis dans le Nord qui rompaient l'équilibre de l'Union; il demanda qu'un amendement constitutionnel garantit l'avenir à chacune des parties un nombre égal de territoires. Sans cela, « laissez-nous, conclut-il, opérer à l'amiable une séparation pacifique ». Webster répliqua que le premier devoir était au contraire de maintenir l'Union, et à son appel le Sénat adopta le compromis que lui proposait Clay.
La mort de Calhoun (i85o) fut suivie de peu par celles de Clay et de Webster (1852). Une génération nouvelle monta sur la scène politique, qui n'avait pas un moins vif désir que la précédente d'éviter un conflit. Celui-ci allait cependant éclater après une dernière crise de dix années.