LE BRESIL
Le Brésil avait adopté, en 1824, un régime de monarchie constitutionnelle, mais l'empereur Pedro 1er gouverna en despote jusqu'au jour où l'opposition des fédéralistes dans les provinces du nord, une révolte militaire à Rio, enfin la crise du Portugal où son frère don Miguel avait usurpé le trône, entraînèrent son abdication et son départ (i83i). Son fils, Pedro II, qui devint majeur en i84o> était un savant modeste qui eût volontiers associé ses sujets au gouvernement, si leur éducation politique le lui avait permis. Il leur procura du moins un demi-siècle de tranquillité, où sans se départir des règles constitutionnelles, il les dirigea paternellement grâce à l'influence de son patronage.
Le plus grave problème qu'il eût à résoudre fut celui de l'esclavage. Il ne pouvait pas enlever brusquement aux grands propriétaires la main-d'œuvre des noirs; mais, en i852, la traite fut abolie; en 1871, les
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enfants des négresses furent déclarés libres. Le nom bre des esclaves diminua de 2 millions et demi en i85o à 750.000 en 1887, et le moment approchait où l'esclavage par extinction disparaîtrait du pays, lorsqu'en 1888. la régente Isabelle, fille de don Pedro, profita d'un séjour de son père en Europe pour faire voter une loi d'émancipation.
L'irritation des propriétaires et, d'autre part, l'opposition d'une démocratie de métis qui voulait mettre en place des ministres de son choix, enfin l'impopularité d'Isabelle et de son mari, le comte d'Eu, qu'on savait attachés aux principes absolutistes, amenèrent une révolution. Le vieil empereur ne fit rien pour la prévenir, et la conspiration militaire qui se rendit maîtresse de la capitale le décida sans peine à abdiquer (1889).
La république du Brésil traversa d'abord une période de dictature militaire. En 1893, son président, le général Peixoto, eut à faire face à un soulèvement des « gauchos » du Rio Grande do Sul et à une révolte de la flotte, jalouse de l'armée qui avait accaparé le pouvoir. Pendant six mois le port de Rio fut en insurrection. Enfin les vaisseaux des Etats-Unis qui avaient essuyé des coups de feu, menacèrent les insurgés d'un bombardement et les obligèrent à se soumettre. Après avoir rétabli l'ordre par une impitoyable répression, Peixoto, en 189^, se retira, et le Brésil, sortant de sa crise de croissance, put enfin développer en paix ses ressources.
Il occupait sur près de 9 millions de kilomètres carrés la moitié de l'Amérique du sud. A un si vaste territoire une constitution fédérale laissant aux provinces une large autonomie pouvait seule convenir. Dans la plaine de FAmazone la colonisation avait encore à peine pénétré à l'intérieur de la forêt tropicale, riche en bois précieux et surtout en caoutchouc. Le plateau