LE BRÉSIL
qui s'abaisse depuis la Serra, bordant la côte atlantique, jusqu'aux savanes herbeuses dii Matto Grosso et aux steppes du Chaco, n'avait été mis en valeur que dans la région la plus proche de la mer. Là s'échelonnent une série d'états susceptibles d'un développement rapide. Le plus prospère était l'Etat de Saint-Paul qui s'adonnait à la culture du café. Pour remplacer la main-d'œuvre des noirs, le Brésil s'appliqua à attirer les émigrants européens, et, dans les vingt années qui suivirent l'émancipation, Saint-Paul n'en reçut pas moins de 1.200.000. Ils venaient principalement de l'Italie où un commissariat établi à {^ênes les recrutait et assurait leur passage gratuit en Amérique.
A l'entrée du xxe siècle, le Brésil voyait partout son rapide essor subir un temps d'arrêt. L'Italie interdisait en 1902 l'émigration gratuite. En outre, les deux produits qui formaient presque la totalité des exportations brésiliennes : le caoutchouc et le café trouvaient difficilement des débouchés. La récolte du café, qui s'élevait à près d'un milliard de kilogrammes en 1901, s'accroissait beaucoup plus rapidement que la consommation, et le gouvernement avait à prévoir une crise redoutable de surproduction.