LE MEXIQUE
Après la proclamation de la république (1824), l'existence du Mexique fut pendant cinquante ans constamment troublée par les luttes civiles et les guerres. Sa population se composait d'indiens (Aztèques et Toltèques) ayant conservé la civilisation qu'ils avaient acquise avant la conquête, de métis et d'Espagnols. Ceux-ci avaient permis à l'église catholique de
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gagner une grande influence. Les Mexicains se divisèrent en conservateurs centralistes, soutenus par l& clergé, et en libéraux fédéralistes. En outre, le voisinage des Etats-Unis et la politique de Napoléon III amenèrent à deux reprises des guerres étrangères.
Le Mexique occupait à l'origine la côte du Pacifique jusqu'à San Francisco, mais on a déjà vu que la défection du Texas l'entraîna dans une guerre contre les Etats-Unis où il perdit, avec le Texas, le Nouveau Mexique et la Californie (i848).
Après cette crise, une constitution fédérale imitée des Etats-Unis fut adoptée (1867), e^ un président d'origine indienne, Juarez, prit le pouvoir (i858). Il entra aussitôt en lutte contre le clergé dont les tribunaux furent abolis, les couvents fermés, les domaines nationalisés. En 1861, Juarez expulsa le nonce. Il réussit à réprimer une révolte du clergé et des grands propriétaires, mais manquant d'argent il ne put payer les intérêts de la dette étrangère.
La France, l'Angleterre et l'Espagne envoyèrent alors une expédition commune réclamer le remboursement de leurs créances. Pourtant Napoléon III se laissa bientôt gagner au projet de créer un empire latin centralisé qui ferait échec à la république fédérale américaine. Déchirée par la guerre de Sécession, celle-ci était alors incapable de s'y opposer. Napoléon comptait en détruisant le gouvernement de Juarez gagner l'approbation des catholiques français, et en offrant le trône du Mexique à l'archiduc Maximilien il pensait obtenir de l'empereur François-Joseph la cession de la Vénétie. En 1862, alors que l'Angleterre et l'Espagne rappelaient leurs troupes, la France débarquait à Vera^Cruz une armée de 28.000 hommes qui fit le siège de Puebla, puis entra sans peine à Mexico.
Napoléon croyait qu'il serait facile de faire recon-