LA MOSCOVIE
peuplée) et par surcroît contre les princes protestants du Nord. En vérité, il suffirait de méditer un instant ces chiffres pour s'épargner quelques déclamations sur les causes de la « décadence » précoce de l'Espagne.
Il est vrai que les succès extraeuropéens procureront non seulement un prestige non négligeable, mais encore un apport de forces parfois important : la iôle que joueront dans la politique de petits Etats comme Venise, le Portugal, plus tard la Hollande, en fait foi. Mais la thalassocratie comporte aussi des compensations pour les puissances sur les domaines desquelles « le Soleil ne se couche pas ». Il faut alors plusieurs jours pour aller d'un bord à l'autre de la Méditerranée, plusieurs semaines pour aller en Amérique, plusieurs mois pour gagner l'Extrême- Orient. Et la longueur de ces communications est aggravée par l'absence complète de droit maritime !
Telles sont les conditions dans lesquelles se présentent les entreprises mondiales pour les Etats européens, à la réserve d'un seul, l'Etat moscovite. Celui-là est si particulier qu'il faut le considérer à part.