PORTUGAIS ET ESPAGNOLS EN INDOCHINE
par quelques vaisseaux et quelques centaines d'hommes que mit à leur disposition le gouverneur des Philippines. Us parvinrent à tuer l'usurpateur et à remettre sur lu trône le roi légitime, et jouirent quelques années de ses faveurs. Mais, en 1599, ils succombèrent sous l'hostilité combinée de la population indigène et des aventuriers asiatiques de toute provenance qui leur faisaient concurrence. Parmi ceux-ci, on signale l'acharnement particulier des musulmans. Manifestement, l'islam, qui au xve siècle s'était implanté dans l'Insulinde, avait continué, au xvie, à cheminer par des voies obscures dans l'Indochine, aux Philippines, et jusque dans la province chinoise du Yunnan.
La Couronne d'Espagne renonça à venger la mort de Belloso et de Blas Ruiz. La poire n'était pas encore mûre pour les Européens, même dans le petit Cambodge, a fortiori dans les royaumes puissants du Pégou, du Siam et du Tonkin. Et les Espagnols avaient assez à faire de protéger les Philippines contre les menées souterraines des immigrés chinois : en 1603, trois mille de ces derniers furent massacrés à Manille.