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IV. Contre-coups sur l'Europe

Le front européen est encore, vers 1600, tenu sur toute la ligne par la maison de Habsbourg. Depuis l'abdication de Charles-Quint (1556), elle est partagée en deux branches. En Espagne se continue la descendance directe du grand Empereur. En Autriche règne la lignée de son frère, Ferdinand Ie*.

Mais la solidarité des deux branches subsiste, et des mariages consanguins la fortifieront encore.

La branche dominante est la branche espagnole. Elle a derrière elle une nation trempée par des siècles de croisades, et resserrée autour du souverain par la haine commune de l'infidèle et de l'hérétique. L'Espagne a éliminé les éléments orientaux, juifs et maures, jetant jusqu'à 70.000 musulmaus en quelques semaines sur les côtes algériennes et marocaines. C'est à peine si, en Catalogne, dans l'atmosphère plus mêlée du grand port de Barcelone, on sent quelques velléités de résistance à la centralisation monarchique.

Un système perfectionné tend à réserver à la couronne d'Espagne le bénéfice de la découverte du Nouveau-Monde et de la mer du Sud (Pacifique). Lorsque les Espagnols réunissent le Portugal (1580), ils trouvent dans les colonies portugaises un système analogue. Dès lors, l'exploitation des primitifs d'Amérique et d'Afrique, le monopole des transactions avec les empires civilisés d'Asie et d'Océanie, sont rassemblés sous une direction unique. Jamais le socialisme d'Etat n'a été appliqué sur une échelle plus grandiose que dans la période qui va de 1580 à 1640, date de la sécession du Portugal.

De plus, l'Espagne, depuis le traité de Cateau- Cambrésis (1559), domine en Italie. Elle tient Milan et Naples. Les petits Etats italiens, même le plus puissant, la république de Venise, lui sont inféodés, depuis le concile de Trente (1545-1563), par le triomphe de la contre-réforme et la communauté de foi religieuse. Le pays qui est encore le plus civilisé de l'Europe, qui vient de perdre Michel-Ange, mais qui lit le Tasse, qui voit travailler les astronomes de la réforme grégorienne et grandir Galilée, contribue ainsi à parer la domination des Habsbourg.

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