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INDOCHINE ET INDE

même le Cambodge. Néanmoins, la résistance du vaisseau VEioile polaire impressionna Ibrahim : il accorda une indemnité pour le meurtre de Regemortes, et octroya même aux Hollandais certains avantages quant aux denrées qui intéressaient le commerce avec le Japon (peaux de cerfs, etc.).

En 1658, le tyranneau asiatique succomba aux efforts combinés de ses ennemis intérieurs, des Siamois et des Annamites. Mais les révolutions dynastiques ne cessèrent plus au Cambodge. La prépondérance siamoise s'affirma de plus en plus. D'autre part, les Annamites achevaient de réduire le Tchampa, aidés dans cette tâche par les émigrés chinois que leur envoyait la conquête mandchoue. Ils y joignirent les parties adjacentes du Cambodge, et finirent par occuper définitivement Saigon (1698). Dès lors, ce qui restait de la glorieuse monarchie khmer (Lovek, Pnom-Penh), ne fut plus que le théâtre de la rivalité entre le Siam et l'Annam.

Dans l'Inde, le Dekkan, depuis la journée de Talikota (1564), était partagé entre des royaumes musulmans, Golconde, Bijapour. Dans la région de Bombay commençait à se dessiner la puissance indigène des Mahrattes. Mais tous ces états secondaires pâlissaient devant la puissance des Grands-Mogols.

Sous le règne de Djihangir (1605-1628), puis de Schahjahan (1628-1658), ceux-ci se souvenaient encore de leur origine djagataides et tournaient les yeux vers le nord-ouest. On a vu que Kandahar, reprise par Abbas le Grand, n'avait pu être enlevée aux Persans malgré trois sièges (le dernier en 1653). Une expédition de Schahjahan au delà de l'Hindoukoush, vers Hérat, aboutit aussi, malgré le déclin des khanats ouzbeks, à un échec. Peu à peu on s'habitua à

regarder les domaines spécifiquement indiens comme la force principale de l'Empire.

Le Bengale n'était pas toujours docile, et des frictions se produisaient de ce côté avec les factoreries européennes des bouches du Gange : en 1631-2, le Grand-Mogol dut donner une leçon aux Portugais de PHougli. Mais c'était surtout le Dekkan qui était une proie tentante. L'Empereur disposait de bons éléments militaires, Mongols et Radjpoutes. En face de lui il rencontra quelques-uns de ces chefs que le commerce avec l'Afrique, très actif, amenait dans l'Inde : un Abyssin tint tête à Schahjahan dans le nord du Dekkan et commença à organiser les forces des Mahrattes. A la fin du règne, le prince héritier Aurengzeyb tâta pour la première fois le Golconde et le Bijapour.

La fin de Schahjahan fut troublée par de graves querelles de succession. Il fallut à son fils Aurengzeb livrer plusieurs batailles pour éliminer son frère. Après quoi, il déposa son père même (1658), et Schahjahan linit sa vie en prison. Sa captivité fut illuminée par le dévouement de sa fille, dont le touchant caractère forme un heureux contraste avec ces sombres tragédies. Ainsi s'ouvrit cruellement le règne d'Aurengzeyb (1658-1707), qui allait porter à son apogée la puissance des Grands- Mogols, par la conquête du Dekkan.

Depuis Akbar, les empereurs mogols s'étaient habitués à trafiquer pacifiquement avec les Européens. Le port de Surate, dans le Gujerate, était un foyer de commerce particulièrement actif. Les voyageurs européens ne tarissaient pas en cris d'admiration sur les splendeurs de la cour d'Agra et de Delhi. Une littérature mi-persane mi-hindoue y produisait encore des œuvres agréables. Et surtout, les monuments somptueux se multipliaient dans toutes les provinces de l'empire. Un Français, Austin de Bordeaux,

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