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LE CHRISTIANISME EN EXTRÊME-ORIENT

mais resta en vigueur. Le Japon se replia sur luimême, et se consacra à cultiver les remarquables traditions littéraires et artistiques que les Européens ne firent plus qu'entrevoir. Cette situation allait se maintenir pendant 250 ans.

L'Asie du xvne siècle était donc encore de taille à braver toutes les tentatives européennes. Dans l'Inde et dans la Chine, Aurengzeyb et Kang-hi allaient être les contemporains et les émules de Louis XIV. Leurs Etats étaient incomparablement plus peuplés que n'importe quelle puissance européenne, ce qui compensait l'infériorité militaire. Et, au point de vue de l'art tout au moins, les civilisations asiatiques soutenaient toutes les comparaisons. C'est dans le domaine de la science que s'affirmait seulement la supériorité de l'Europe. Les Jésuites le comprirent. Malgré la mauvaise impression que pouvait produire le souvenir des faveurs des Mings, eux mêmes se maintinrent à la Cour de Kang-hi comme présidents de l'Académie des Sciences, — et subsidiairement comme grands-maîtres de l'artillerie : la guerre contre les Eleuthes s'ouvrit avec 300 canons fondus sur les indications de ces missionnaires de la foi chrétienne.

IV Contre-coups en Europe.

Le résultat de la guerre de Trente ans (1618-1648) avait été l'abaissement de la Maison d'Autriche- Espagne. Aux inquiétudes soulevées par sa prépondérance politique s'étaient jointes les haines religieuses provoquées par son union intime avec la contre-réforme catholique. Elle avait succombé sous tant d'antagonismes.

Caraignac. 6

L'Espagne était arrivée, non sans peine, à empêcher la sécession de la Catalogne. Mais elle avait dû abandonner le Portugal ; et les possessions qu'elle avait retenues sur la côte marocaine étaient sans valeur, puisque les Chérifs alaouites se montraient capables, même sans l'appui des Turcs, de défendre la porte de l'Afrique musulmane. L'Espagne gardait aussi ses possessions d'Amérique et des Philippines, qui suffisaient largement à lui assurer le rang de puissance mondiale, avec laquelle tout Etat européen continuait à compter.

Elle gardait aussi Milan et Naples, où elle avait maté les révoltes locales. Par là, et par son union intime avec le Saint-Siège, elle continuait à peser sur les petites cours italiennes. Mais elle était incapable maintenant d'aider Venise contre le Turc, auquel ne la liait d'autre part aucune « capitulation » régulière. Rien n'indiquait mieux la diminution de sa position méditerranéenne.

L'Espagne gardait enfin, malheureusement pour elle, la Franche-Comté et la Flandre, qui l'exposaient aux coups de la France grandissante.

La branche autrichienne de la Maison de Habsbourg avait gardé ses domaines héréditaires, Vienne, le Tyrol, la Bohême, une partie de la Hongrie. Léopold Ier (1657-1705) achevait d'en expulser les derniers éléments protestants. Les réactions ainsi provoquées allaient contribuer à déchaîner de nouveau, en Hongrie, la guerre turque.

La perte des domaines des Habsbourg en Alsace était à peine un affaiblissement. Plus important était l'évanouissement presque complet du pouvoir impérial, que la fidélité des électeurs catholiques maintenait à la Maison d'Autriche. Les princes allemands avaient vraiment acquis une indépendance complète en matière de politique extérieure. Il est vrai

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